"Dodo la Saumure" est mort : pourquoi son nom reste lié à DSK et au Carlton

Dominique Alderweireld, figure connue sous le nom de « Dodo la Saumure », n’est plus. L’homme de 77 ans a succombé à une insuffisance cardiaque cette nuit dans un établissement de soins de Tournai, en Belgique, information confirmée par son ancien conseil Sorin Margulis.

Un procès partagé avec l’ex-patron du FMI

Originaire d’Annœullin, dans le Nord, où il est né en février 1949, cet exploitant de maisons closes belges avait basculé dans la notoriété nationale au début des années 2010. Son implication supposée dans un réseau de prostitution gravitant autour de l’hôtel Carlton à Lille avait alors éclaté au grand jour. Sur les quatorze personnes renvoyées devant la justice dans ce dossier figurait également l’ancien directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. Les enquêteurs soupçonnaient Alderweireld d’avoir organisé l’approvisionnement en prostituées de plusieurs soirées auxquelles participait ce dernier. Jugé pour proxénétisme aggravé, il obtient une relaxe en 2015, un dénouement identique à celui de Strauss-Kahn. Sa défense a constamment maintenu qu’aucune rencontre n’avait jamais eu lieu entre les deux hommes.

Son avocat, en contact avec lui depuis la fin des années 1980, a tenu à souligner un paradoxe judiciaire : le parquet avait pourtant demandé une peine ferme uniquement à son encontre parmi tous les prévenus. Il a évoqué une relation marquée par des tensions récurrentes, tout en reconnaissant que la fréquentation de cet homme n’était jamais restée sans intérêt.

Un nom de club retoqué par la justice

À peine ce procès achevé, l’homme d’affaires belge tente d’ouvrir un nouvel établissement à Blaton. Son choix de baptême, « Dodo Sex Klub« , abrégé en « DSK« , ne passe pas l’épreuve des tribunaux : la justice belge s’y oppose formellement, et le lieu ferme ses portes fin 2014. Cette provocation assumée coïncide avec des déclarations tout aussi tranchées sur la région lilloise, qu’il qualifiait de bassin de clientèle facilement accessible depuis la frontière.

Le sobriquet « Dodo la Saumure » trouve son origine dans le vocabulaire argotique désignant les proxénètes sous le terme de « maquereaux« , poissons traditionnellement conservés dans la saumure. L’intéressé avait lui-même retracé son parcours dans un ouvrage autobiographique publié en 2013, évoquant une jeunesse marquée par la précarité et un premier délit commis à 17 ans.

Six ans de prison pour traite d’êtres humains

Le passage devant la justice française n’a constitué qu’un épisode parmi d’autres démêlés judiciaires accumulés en Belgique, pays où l’exploitation de maisons closes échappe à un cadre légal strict. Une cour d’appel belge l’avait déjà condamné en 2014 à cinq années de prison assorties d’un sursis pour proxénétisme. Plus récemment, un tribunal de Tournai a prononcé à son encontre une peine de six ans de détention et une amende de 500 000 euros pour traite d’êtres humains et organisation criminelle. Une incarcération à la prison de Leuze-en-Hainaut avait déjà eu lieu en 2019, pour des faits comparables ainsi que pour incitation à la débauche. Ses derniers mois auraient été marqués par une situation financière très dégradée : au mois de juin, il indiquait sur les réseaux sociaux se trouver sans domicile fixe.

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