CAMP DAVID a été le théâtre d’une séquence inattendue vendredi lors d’une réunion du gouvernement américain. Donald Trump a lancé une plaisanterie sur la Cour pénale internationale (CPI) en affirmant, avec ironie, qu’« rien n’indique qu’ils en aient après moi », alors que son administration poursuit sa campagne contre cette juridiction.
La remarque est intervenue pendant une intervention du secrétaire d’État Marco Rubio, qui rappelait l’opposition de Washington à la CPI. Le président américain l’a interrompu pour glisser qu’il ne figurait pas, « pour l’instant », parmi les personnes visées par la Cour, provoquant les rires des participants.
Une allusion à Benjamin Netanyahu
Selon les déclarations faites lors de cette réunion, Donald Trump a expliqué que la démarche de son administration ne relevait pas d’une préoccupation personnelle. Il a cité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, visé par un mandat d’arrêt de la CPI depuis 2024, avant d’ajouter qu’il existait « beaucoup de personnes qu’il ne faudrait pas considérer ainsi ». Le président américain a ensuite répété qu’aucun élément ne laissait penser qu’il faisait lui-même partie des personnes concernées à ce stade.
Cette intervention est survenue alors que Marco Rubio défendait la ligne de l’administration américaine à l’égard de la Cour. Selon le chef de la diplomatie, les États-Unis poursuivent leurs démarches auprès de plusieurs États parties afin de les convaincre de quitter l’institution, estimant que celle-ci pourrait porter atteinte à la souveraineté américaine et à celle de ses alliés.
Les États-Unis ne sont pas membres de la Cour pénale internationale, créée par le Statut de Rome. Cette juridiction, installée à La Haye, est chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression lorsque les conditions prévues par son traité fondateur sont réunies.
Une institution confrontée à une période délicate
La sortie de Donald Trump intervient alors que la CPI traverse une phase de transition institutionnelle. Après la révocation de son procureur Karim Khan, la juridiction est dirigée à titre intérimaire par deux procureurs adjoints, dans l’attente de la désignation d’un nouveau responsable du parquet.
Dans le même temps, plusieurs États ont engagé des démarches pour se retirer de la Cour. Le Tchad est devenu le cinquième pays à lancer une procédure en ce sens, après le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Venezuela. Cette évolution intervient alors que l’administration américaine multiplie les initiatives diplomatiques contre l’institution.
Créée en 2002, la Cour pénale internationale compte aujourd’hui plus de 120 États parties. Son fonctionnement repose sur le Statut de Rome, traité international qui définit ses compétences et les conditions dans lesquelles elle peut ouvrir des enquêtes ou engager des poursuites contre des personnes soupçonnées des crimes les plus graves relevant du droit international.



