Droits de douane : la loi 96 sur le français au cœur des tensions, Trump dément

Donald Trump a nié mardi toute intention d’interférer avec l’usage du français au Canada, contredisant directement les accusations portées par le premier ministre canadien Mark Carney. « Je n’ai même jamais pensé à faire une chose aussi stupide », a écrit le président américain sur Truth Social.

Un désaccord né de l’échec des négociations

Les pourparlers commerciaux entre Washington et Ottawa ont capoté vendredi dernier, provoquant l’entrée en vigueur de tarifs douaniers de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes. Carney a promis de riposter à égalité, tarif pour tarif. Le chef du gouvernement canadien a affirmé, lundi, que les négociateurs américains avaient réclamé un assouplissement des règles linguistiques québécoises, notamment sur la visibilité des contenus francophones sur les plateformes de streaming et sur l’étiquetage en français des produits.

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Selon Trump, cette version des faits relèverait d’un « mensonge inventé par un premier ministre faible et inefficace » cherchant à regagner du soutien politique au Québec. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a lui aussi rejeté l’accusation auprès de CNBC, la qualifiant d’« histoire fausse et amusante ».

La loi 96, une cible identifiée depuis 2025

Le point de discorde renvoie à deux textes législatifs québécois : la loi 96, qui consacre le français comme langue officielle de la province, et la loi 109, qui affirme la souveraineté culturelle du Québec et l’autorise à fixer des quotas de contenu francophone. Des responsables américains estiment que ces dispositions imposent une charge excessive aux fabricants américains, tenus de produire emballages et modes d’emploi en français pour commercialiser leurs produits dans la province.

Dès avril 2025, le rapport annuel de l’US Trade Representative recensait déjà la loi 96 parmi les barrières commerciales visées par Washington. Adoptée par l’Assemblée nationale du Québec le 24 mai 2022 par 79 voix contre 29, cette réforme constitue la modification la plus importante de la Charte de la langue française depuis son adoption en 1977, soit 45 ans plus tôt.

Une riposte de Carney en français

Carney s’est exprimé en français lors d’un point de presse à Lévis, au Québec : « Pour les Américains, la langue française, la culture francophone, la culture canadienne, ce sont des irritants. Ici au Québec, ici au Canada, ce sont des droits », a-t-il déclaré, sous les applaudissements de journalistes présents.

Trump a également évoqué la possibilité de renommer le lac Ontario en « Lake America », affirmant ne plus vouloir commercer avec la province ontarienne, et a annoncé une hausse à 50 % des droits de douane sur les voitures et camions, effective à partir de 2027. Les deux camps continuent de se rejeter la responsabilité de l’échec des négociations.

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