Aucun cas d’Ebola n’a été détecté à Kinshasa, a affirmé le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, mardi 18 août. La rumeur circulait alors que l’épidémie venait de franchir la barre des 5 000 cas confirmés dans le pays.
Un bilan qui s’alourdit chaque jour
Le ministère de la Santé chiffrait alors le bilan à 2 370 décès pour un total dépassant 5 000 cas, un décompte établi sur trois mois et couvrant cinq provinces de l’est du pays. Le lendemain, le bilan gouvernemental grimpait à 5 021 cas et 2 378 décès. La souche en cause, dite Bundibugyo, s’est propagée plus rapidement que la souche Zaïre habituellement responsable des grandes flambées en République démocratique du Congo, même si son taux de létalité resterait inférieur, selon le ministre.
L’épidémie touche désormais six provinces, contre cinq quelques jours plus tôt. Elle a dépassé le bilan de la précédente épidémie majeure du pays, celle de 2018-2020 dans le Nord-Kivu et l’Ituri, qui avait causé 2 299 morts sur 3 381 cas en près de deux ans. La flambée actuelle a atteint un niveau comparable en trois mois seulement.
Le comité d’urgence réuni sans nouvelles mesures immédiates
Le comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est réuni le 18 août à Genève, pour la deuxième fois depuis la déclaration de l’urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai. À l’ouverture de la séance, le directeur général de l’agence onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré : « l’épidémie est loin d’être maîtrisée ».
À l’issue de la réunion, Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé sur X que le statut d’urgence internationale était maintenu. Le chef de l’OMS a précisé que de nouvelles consignes destinées à la RDC ainsi qu’aux pays voisins exposés au risque devraient être diffusées d’ici quelques jours, sans donner de date précise. Une levée de l’alerte paraît peu probable à ce stade ; le comité pourrait en revanche ajuster les niveaux de risque par pays.
L’organisation évalue actuellement le risque de propagation à « très élevé » pour la RDC, « élevé » pour l’Ouganda et les pays frontaliers, et « faible » pour le reste du continent et le monde. L’Ouganda avait déclaré la fin de sa propre épidémie le 28 juillet, après 20 cas confirmés et deux décès.
Une riposte entravée par l’insécurité
La progression du virus est alimentée par les déplacements de population le long des routes, des cours d’eau et des sites miniers, selon le chef de l’OMS. Les équipes de riposte font aussi face à des violences directes : un chauffeur d’ambulance a été blessé lundi et trois véhicules endommagés lors d’une attaque menée par un groupe de motards dans le territoire d’Aru, en Ituri. Le coordinateur des Nations unies pour Ebola, Julien Harneis, a qualifié cette attaque d’« inacceptable ».
Face à l’ampleur de la crise, l’OMS annonce l’envoi de 100 épidémiologistes supplémentaires, en plus des 500 agents de santé communautaires déjà mobilisés. Le financement reste toutefois incomplet : environ 60 % des 115 millions de dollars jugés nécessaires à la riposte auraient été mobilisés à ce jour. Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué contre la souche Bundibugyo, mais deux essais vaccinaux de phase 1 ont débuté chez l’humain, tandis que la RDC prévoit la mise en place de l’enseignement à distance dans 18 zones de santé jugées à haut risque dès la rentrée scolaire 2026-2027.



