Une vice-procureure française réclame la mise en examen d’Elon Musk dans un livre à paraître le 2 septembre. Johanna Brousse, à la tête de la section cybercriminalité du parquet de Paris, y raconte son bras de fer avec le milliardaire américain dans un ouvrage intitulé Cybercombattante.
Une enquête ouverte depuis janvier 2025
Le dossier remonte à janvier 2025, date d’ouverture d’une enquête portant à l’origine sur une possible extraction frauduleuse de données via l’algorithme de la plateforme X. Le 3 février 2026, des gendarmes perquisitionnent les bureaux parisiens du réseau social, en présence d’Europol. Le parquet élargit ensuite les investigations à des infractions plus lourdes : complicité de détention et de diffusion d’images pédopornographiques, atteintes à la vie privée liées à des deepfakes sexuels, et négation de crimes contre l’humanité.
Des convocations pour audition libre sont envoyées à Musk et à l’ex-directrice générale de X, Linda Yaccarino, en tant que dirigeants de fait et de droit de la plateforme au moment des faits. Les deux responsables ne se présentent pas au rendez-vous fixé le 20 avril. Le parquet prend acte de l’absence des premières personnes convoquées, indique le ministère public à l’AFP, précisant que cela n’est pas un obstacle à la poursuite des investigations. Le 17 mars, Johanna Brousse transmet deux signalements aux autorités américaines, dont l’un à la SEC, le régulateur boursier, concernant une possible manipulation des marchés financiers.
Une magistrate déjà connue pour l’affaire Durov
Ce n’est pas la première fois que la magistrate s’attaque à un patron de réseau social. En août 2024, elle dirige l’enquête ayant conduit à l’arrestation de Pavel Durov, fondateur de la messagerie Telegram, interpellé à sa descente d’avion au Bourget. À l’époque, la messagerie ignore les demandes officielles des enquêteurs français malgré la circulation de contenus pédocriminels sur ses canaux de discussion.
Johanna Brousse avait également été entendue en 2021 par une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Sarah Halimi, en tant que magistrate de permanence la nuit des faits en 2017. Son parcours inclut aussi la fermeture du site de rencontres Coco, utilisé par Dominique Pélicot.
Un témoignage personnel sur les risques encourus
Dans son livre, publié aux éditions JC Lattès, la magistrate revient sur les pressions liées à ce type de dossiers. J’ai bien plus à perdre qu’à gagner, confie-t-elle, selon les extraits diffusés avant la parution. X avait dénoncé une procédure judiciaire à caractère politique après la perquisition de février, tandis que Musk réagissait publiquement depuis sa propre plateforme. Le parquet de Paris avait annoncé fermer son compte X, pour communiquer désormais via LinkedIn et Instagram.
L’Union européenne avait de son côté infligé à X une amende équivalente à 140 millions de dollars pour manquement à la lutte contre la désinformation et les discours de haine, avant l’ouverture de cette procédure française distincte.



