7,5 millions d’enfants sont nés au Nigeria en 2024, un chiffre supérieur au total des naissances enregistrées dans l’ensemble de l’Union européenne la même année. Elon Musk a relayé cette statistique le 31 juillet sur son réseau X, s’appuyant sur une conversation générée par son assistant Grok.
Ce que montrent les données démographiques
Les chiffres cités trouvent leur origine dans les projections de l’ONU, reprises par plusieurs plateformes de visualisation de données comme Our World in Data. Selon ces estimations, le Nigeria aurait comptabilisé entre 7,5 et 7,6 millions de naissances sur l’année, contre environ 6,3 millions pour l’Europe entière — Russie incluse. Pour la seule Union européenne, sans la Russie, l’écart resterait significatif : Eurostat évalue la population totale du bloc à 452 millions d’habitants au 1er janvier 2026, pour un taux de fécondité tombé à 1,38 enfant par femme, l’un des plus bas jamais enregistrés dans le bloc.
Le Nigeria ne compte que 237 millions d’habitants environ — soit près de deux fois moins que l’UE — tout en générant un volume de naissances supérieur. Cette situation s’explique par un taux de fécondité qui dépasse toujours 4,5 enfants par femme dans le pays, l’un des plus élevés au monde après l’Inde.
Une comparaison à géométrie variable
Le message de Musk ne précise pas si la référence porte sur l’UE seule ou sur l’Europe au sens large. Cette distinction change pourtant les ordres de grandeur : plusieurs analyses démographiques, dont celles publiées par Brilliant Maps, comparent en réalité le Nigeria à l’Europe et la Russie réunies, et non à l’Union européenne à 27 membres. Cette confusion entre les deux périmètres géographiques revient fréquemment dans les publications virales sur le sujet, sans que la conclusion générale change : dans les deux cas, le Nigeria produit davantage de naissances qu’un ensemble démographique bien plus peuplé.
Un déclin démographique documenté par Eurostat
L’institut statistique européen confirme une tendance de fond : depuis 2012, la baisse naturelle de la population de l’UE — plus de décès que de naissances — est compensée uniquement par l’immigration. La population du bloc a tout de même progressé de 706 000 personnes entre janvier 2025 et janvier 2026, portée par ce solde migratoire positif. Les projections d’Eurostat anticipent malgré tout un recul de 11,7 % de la population européenne d’ici 2100, soit une perte de 53 millions d’habitants.
À titre de comparaison historique, le Nigeria ne comptait que 162 millions d’habitants en 2011. Les projections des Nations unies l’annoncent à plus de 400 millions d’ici le milieu du siècle, ce qui en ferait le troisième pays le plus peuplé du monde, derrière l’Inde et la Chine.



