Guerre en Iran : Vance reprend à son compte l'échéance électorale fixée par Trump

Washington ne fermera pas le dossier iranien avant le scrutin de mi-mandat, a laissé entendre le vice-président américain JD Vance. Dans un entretien accordé au New York Post à bord d’Air Force Two, il a estimé que le conflit entrerait dans une « phase très différente » d’ici quelques mois, une prévision calquée sur celle formulée plus tôt par le président Donald Trump, qui évoque une issue « juste après » les élections du 3 novembre.

Une promesse de fin de guerre plusieurs fois reportée

L’annonce de Vance s’ajoute à une longue série d’échéances déjà avancées puis dépassées depuis le déclenchement du conflit. En juin dernier, quelques jours après les premières frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens de Fordo, Natanz et Isfahan, l’administration avait présenté l’opération comme rapide et décisive, mobilisant un dispositif aérien d’ampleur inédite pour ce type de mission. Un rapport préliminaire de la Defense Intelligence Agency, révélé par la presse peu après, avait pourtant estimé que les frappes n’avaient retardé le programme iranien que de quelques mois, provoquant la colère du secrétaire à la Défense Pete Hegseth face aux médias.

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Les mois suivants ont vu se multiplier les rounds d’affrontements que l’exécutif présentait à chaque fois comme les derniers. En septembre, un nouvel échange de tirs — les premiers en un mois — a relancé les hostilités après une accalmie relative. Vance avait déjà évoqué, plusieurs semaines avant cette dernière déclaration, un tournant proche du conflit, sans que ce calendrier ne se concrétise.

Vance nuance sa propre prévision

Interrogé sur la suite des opérations, Vance a nuancé sa propre prévision, reconnaissant : « Nous ne pouvons pas prédire l’avenir, mais je pense que le président a raison de dire que cette guerre entrera dans une phase très différente dans quelques mois. » Il a rappelé que la décision finale sur l’évolution des opérations militaires revenait à Trump seul, sans engager sa propre responsabilité sur un calendrier précis. Le vice-président a également assuré que les forces américaines ne menaient actuellement aucune « opération agressive » en Iran, présentant les actions en cours comme défensives et destinées à sécuriser les voies maritimes stratégiques de la région.

Trump a de son côté évoqué à plusieurs reprises une issue rapide du conflit, sans livrer de détails sur les conditions concrètes d’un tel dénouement, ni sur la nature exacte de cette « phase très différente » promise depuis plusieurs mois.

Frappes iraniennes en représailles et zones d’ombre sur les pertes américaines

Les regains de tension survenus depuis l’été ont été marqués par des ripostes iraniennes répétées. Début septembre, les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) ont revendiqué des tirs de missiles balistiques et de drones contre plusieurs bases accueillant des troupes américaines en Jordanie, au Bahreïn et au Koweït, en réponse à de nouvelles frappes américaines sur le territoire iranien. Selon le ministère iranien de la Santé, ces échanges auraient fait 18 morts et 108 blessés côté iranien sur une seule nuit.

Du côté américain, plusieurs militaires ont mis en cause la communication officielle sur l’ampleur des dégâts subis. Le New York Times a rapporté que trois frappes iraniennes ayant blessé des dizaines de soldats américains en Jordanie n’avaient pas été rendues publiques par le département de la Défense, qui a justifié ce silence par des impératifs de sécurité opérationnelle. Un militaire s’exprimant auprès de CBS News a contesté la manière dont les autorités qualifiaient les dommages causés aux bases américaines dans la région, déclarant : « Nous ne défendons pas ces bases, nous les regardons se faire détruire. » Le Pentagone a rejeté ces accusations, les qualifiant de « fabrications infondées ».

Le contrôle du détroit d’Ormuz toujours fragile

Vance a affirmé que l’emprise iranienne sur le détroit d’Ormuz continuait de s’affaiblir, le trafic commercial y ayant retrouvé plus de la moitié de son niveau habituel après plusieurs mois de déminage mené par des unités de Navy SEALs. Le passage stratégique, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, reste en deçà de son activité d’avant-guerre, l’Iran continuant de viser ponctuellement des navires commerciaux et des positions militaires américaines dans la région.

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