Un avion C919 a quitté Pékin pour Oulan-Bator mercredi, inaugurant la première liaison internationale régulière de cet appareil chinois. Le vol CA723, opéré par Air China, a décollé à 15h17 heure locale et s’est posé deux heures plus tard à l’aéroport international Chinggis Khaan, selon les données du site de suivi FlightRadar24.
Une ligne quotidienne entre les deux capitales
La liaison sera assurée sept jours sur sept sous les codes CA723 et CA724. Un accueil officiel attendait l’appareil à son arrivée, avec un salut au canon à eau sur le tarmac. Des danseurs en costumes traditionnels mongols ont ensuite escorté les passagers à leur descente d’avion, selon l’agence Xinhua.
Construit par le groupe public Comac (Commercial Aircraft Corporation of China), le C919 peut accueillir entre 158 et 192 passagers. Il vole commercialement depuis 2023 sur le réseau intérieur chinois, où trois compagnies l’exploitent désormais : Air China, China Eastern Airlines et China Southern Airlines. Air China dispose actuellement de douze exemplaires dans sa flotte.
Un appareil encore absent d’Europe et des États-Unis
Le choix d’Oulan-Bator comme première destination internationale répond à une logique prudente : la liaison, courte et déjà rodée, limite les risques techniques tout en offrant à Comac une démonstration concrète de fiabilité. L’avion ne dispose d’aucune certification des autorités américaine ou européenne de l’aviation, ce qui l’empêche pour l’instant d’opérer vers ces marchés. Washington avait suspendu l’an dernier l’export de certains composants destinés au C919, dans le cadre des tensions commerciales avec Pékin, un conflit que les deux pays ont depuis accepté de suspendre jusqu’en novembre.
Comac ambitionne de concurrencer à terme les modèles phares d’Airbus et de Boeing, l’A320neo et le 737 MAX, sur un marché mondial dominé par ce duopole depuis des décennies. Les chiffres de production restent modestes : le constructeur chinois n’aurait livré que 15 appareils l’an dernier, loin de son objectif de 75 unités. Un accord signé en 2023 avec la compagnie bruneienne GallopAir prévoit l’achat de 30 avions Comac, dont 15 C919, mais cette compagnie n’a toujours pas démarré ses opérations commerciales.
Un analyste du Mercator Institute for China Studies a souligné auprès de CNBC que l’intégration de la multitude de composants et systèmes nécessaires à un avion de ligne reste une prouesse que seule une poignée d’acteurs, dont Airbus et Boeing, ont réussi à accomplir.
Un développement déjà amorcé vers un modèle plus grand
Comac travaille en parallèle sur une version élargie de son appareil, le C919-600, conçu avec la compagnie Tibet Airlines et prévu pour 140 à 160 passagers. Un prototype a effectué le 29 juillet un vol d’essai de près de deux heures depuis Shanghai, complétant selon le constructeur l’ensemble des manœuvres prévues au programme de certification.



