Luis Figo a réclamé mercredi la démission immédiate de Gianni Infantino de la présidence de la FIFA, l’accusant d’avoir « menti » et « trompé » l’institution qu’il dirige depuis 2016. Dans une tribune publiée par le Daily Mail, l’ancien international portugais dénonce le comportement « le plus déloyal et le plus intéressé » qu’il ait observé dans le football. « Il a perdu le soutien de son personnel senior, de ses plus proches conseillers, de la grande majorité des personnes qui consacrent leur vie à ce sport », a écrit Figo, ajoutant qu’il n’était « pas trop tard pour sauver le football ».
Une valorisation à 20 milliards de dollars au cœur du litige
C’est un montage financier baptisé « FIFA Forward Enterprise » qui a mis le feu aux poudres fin juillet : l’instance envisageait de céder à des investisseurs privés une part minoritaire d’une nouvelle structure commerciale pilotant ses compétitions phares, dont la Coupe du monde. L’opération, qui aurait rapporté jusqu’à 4,2 milliards de dollars pour une entité évaluée à 20 milliards, impliquait notamment un fonds dirigé par le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Le projet a immédiatement suscité une fronde : l’UEFA a menacé de boycotter les compétitions organisées par la fédération, rejointe par la CONCACAF puis la Confédération asiatique. Sous cette pression conjuguée, Infantino a finalement annoncé, le 1er août, y renoncer.
Des cadres de la FIFA eux-mêmes montés au créneau
Le recul n’a pas suffi à calmer la fronde interne. Son propre conseiller senior, Carlos Cordeiro, ancien banquier de Goldman Sachs, avait démissionné avant même l’abandon du projet, refusant de « cautionner » une opération menée sans concertation. Le directeur général de la fédération, Kevin Lamour, était allé plus loin en évoquant un « projet d’un seul homme » ayant trompé le personnel de l’institution. Le lendemain de la volte-face, l’UEFA a franchi un nouveau cap en annonçant avoir perdu toute confiance dans la direction d’Infantino, dénonçant un « accord bâclé, négocié en coulisses ». C’est dans ce climat de défiance généralisée qu’intervient la sortie de Luis Figo.



