Iran : après l'échec du mémorandum, Erdogan appelle Trump à relancer le dialogue

Les négociations entre l’Iran et les États-Unis restent bloquées depuis l’expiration, lundi 17 août, du mémorandum censé prolonger leur cessez-le-feu. Face à cette impasse, le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump le même jour pour le pousser à reprendre les pourparlers avec Téhéran.

Un accord de 60 jours resté sans suite

Le texte, signé le 17 juin à Versailles, faisait suite à une trêve conclue le 8 avril entre les deux pays. Un délai de 60 jours avait été fixé pour régler les points les plus sensibles du dossier, dont le programme nucléaire iranien. Ce délai s’est achevé lundi sans accord durable, Washington ayant refusé de le prolonger. Un responsable iranien a indiqué à l’agence Reuters que Téhéran s’apprêtait à adopter une posture « totalement offensive », faute d’avancée dans les négociations. Les combats de grande ampleur n’ont pas repris à ce stade, mais la guerre déclenchée par les frappes américano-israéliennes du 28 février demeure non résolue.

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Ankara plaide pour la poursuite du dialogue

Erdogan a insisté, lors de son échange avec Trump, sur la nécessité de « recourir au maximum à la diplomatie » pour apaiser les tensions entre Washington et Téhéran, selon un communiqué de la Direction des communications de la présidence turque. Il a exprimé l’espoir que les négociations reprennent et assuré que la Turquie continuerait à soutenir les efforts de paix.

La Turquie partage une frontière avec l’Iran et dispose de la deuxième armée de l’OTAN. Elle a maintenu des contacts avec Washington, Téhéran, ainsi qu’avec des médiateurs comme le Pakistan et le Qatar, en se positionnant comme intermédiaire entre les parties. Ankara a critiqué l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, tout en condamnant les attaques iraniennes visant des pays du Golfe, et réclame la réouverture du détroit d’Ormuz, dont le trafic pétrolier reste suspendu.

Gaza et un pacte de défense régional également abordés

L’entretien téléphonique a aussi porté sur la situation à Gaza. Erdogan a indiqué à son homologue américain que les attaques israéliennes contre les Palestiniens s’étaient intensifiées, alors que la deuxième phase du plan de paix de Trump pour la bande de Gaza devait entrer en vigueur. La Maison-Blanche n’a pas réagi dans l’immédiat à cet appel.

Le président turc a par ailleurs évoqué l’accord de défense conjoint signé début août entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, qualifié de signe d’une position ferme pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le jour même de l’appel, Trump a affirmé qu’aucune négociation n’était en cours ou prévue avec l’Iran, quelques jours après avoir évoqué l’existence d’un canal de contact avec les Gardiens de la révolution iraniens. La guerre entre les deux pays, déclenchée en février 2026, a déjà connu plusieurs cessez-le-feu de courte durée, dont celui d’avril, prolongé sine die par Trump le 21 avril avant de s’effriter dans les semaines suivantes.

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