Donald Trump a écarté dimanche 9 août l’option d’une reprise des frappes militaires contre l’Iran, privilégiant l’asphyxie économique du régime. Lors d’un entretien téléphonique accordé à Axios, le président américain a affirmé ne faire que « semi-négocier » avec Téhéran, misant sur l’effondrement financier du pays plutôt que sur une nouvelle campagne de bombardements.
Un revirement après des semaines de menaces
Ce choix tranche avec le ton employé ces derniers jours. Début août, Trump avait accusé les dirigeants iraniens de « duplicité incroyable » sur le dossier nucléaire et évoqué la « dernière chance » pour Téhéran de signer un accord. Le 5 août encore, il conditionnait la réouverture du détroit d’Ormuz à une riposte « sévère ». Selon Axios, Trump était même sur le point d’ordonner un retour à des opérations militaires de grande ampleur il y a tout juste une semaine.
Le conflit, déclenché le 28 février par des frappes surprises américano-israéliennes, approche désormais des six mois. Washington avait mené des raids quotidiens pendant environ deux semaines consécutives avant d’annoncer une pause, présentée comme une fenêtre pour relancer la diplomatie. Les frappes ont cessé, mais le blocus naval américain, lui, reste en place.
Le blocus naval comme principal levier de pression
Trump attribue à ce blocus la dégradation de l’économie iranienne. « Nous observons simplement l’Iran avec son inflation énorme et son manque d’argent », a-t-il déclaré, affirmant que Téhéran « est en très mauvaise posture » et ne parvient plus à payer ses soldats. Le président américain a aussi jugé que la baisse du baril à un peu plus de 75 dollars allège la facture des automobilistes américains, réduisant ainsi la pression intérieure liée au conflit.
Ce blocus traduit une stratégie amorcée en février, lorsque Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’étaient accordés à la Maison-Blanche pour intensifier la pression sur les ventes de pétrole iranien vers la Chine, destination de plus de 80 % des exportations pétrolières iraniennes selon Axios.
Le dossier du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transite d’ordinaire 20 % de l’offre mondiale de pétrole et de gaz naturel, montre les tensions. Samedi, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, a formulé de nouvelles conditions pour autoriser le passage des navires, s’ajoutant à celles déjà négociées dans le cadre d’un accord avec Oman. Trump n’a exprimé ni colère ni impatience face à ce nouveau retard.
Des divisions internes au sein du régime iranien
Des responsables américains cités par Axios évoquent des désaccords croissants à l’intérieur du pouvoir iranien. Le président Masoud Pezeshkian, inquiet d’un effondrement économique, plaiderait pour un accord avec Washington, tandis qu’Ahmad Vahidi, commandant des Gardiens de la révolution, rejetterait toute concession. Trump a résumé sa position par une formule : « Ça marche toujours. C’est comme une partie d’échecs. » La suite dépendra désormais de la capacité de Téhéran à tenir face à la pression économique, alors que la diplomatie reste suspendue à un accord sur Ormuz encore non finalisé.



