Le chauffage de dizaines de milliers d’habitants de Kherson est menacé après la destruction partielle de leur centrale thermique, touchée le 26 août par une bombe aérienne guidée russe. L’opérateur Naftogaz, propriétaire du site, a confirmé l’attaque, précisant qu’un bilan complet des dégâts ne pourra être établi que lorsque la zone sera sécurisée.
Un site civil visé à répétition
Le groupe énergétique a rappelé que l’installation ne sert qu’à un usage domestique : elle chauffe les logements et bâtiments publics de la ville, sans vocation militaire. Cette frappe n’est pas isolée. La centrale a déjà été touchée à des dizaines de reprises depuis le début de l’année 2026, un rythme qui confirme l’intensification des attaques contre le réseau énergétique ukrainien.
Entre le 10 et le 16 août, les forces russes avaient déjà bombardé à 13 reprises des installations de Naftogaz, réparties dans plusieurs régions du pays.
Kherson, ville de première ligne depuis 2022
Libérée par l’armée ukrainienne en novembre 2022 après six mois d’occupation russe, Kherson se trouve à quelques kilomètres seulement des positions russes, de l’autre côté du fleuve Dnipro. Cette proximité expose quotidiennement la ville aux drones, à l’artillerie et aux bombes planantes, rendant la défense de ses infrastructures particulièrement difficile.
Une précédente vague de frappes contre cette même centrale, en décembre 2025, avait déjà privé de chauffage plus de 40 000 habitants en plein hiver, sur une population totale d’environ 60 000 personnes vivant encore sur place, contre près de 300 000 avant la guerre.
Une campagne hivernale récurrente
L’attaque du 26 août intervient alors que les forces russes multiplient les frappes contre le réseau énergétique ukrainien à l’approche de l’hiver. Le même jour, l’armée russe a également mené une frappe aérienne contre la ville de Sloviansk, faisant deux blessés, tandis qu’une attaque de drones sur Tchernihiv a coûté la vie à une femme et à un enfant.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que 16 cibles avaient été touchées en Russie en 24 heures, dans le cadre des opérations ukrainiennes de représailles contre des infrastructures militaires et logistiques russes.
Les services de Naftogaz ont indiqué coordonner les opérations de réparation avec les autorités locales, sans donner de calendrier précis pour le rétablissement du chauffage dans la ville.



