La Russie dispose désormais d’exemplaires du missile balistique nord-coréen Hwasong-11C, connu sous la désignation occidentale KN-30. L’information provient de la Direction principale du renseignement de la Corée du Nord au ministère de la Défense de l’Ukraine (GUR), sollicitée par le média Ukrainska Pravda.
Un arsenal nord-coréen élargi à trois types de missiles
Jusqu’à présent, Moscou n’utilisait contre les cibles ukrainiennes que deux variantes de la famille Hwasong-11 : le KN-23 et le KN-24. Le KN-30 constitue le troisième modèle transféré, et le premier dont aucun transfert ni usage n’avait été signalé auparavant. Selon les données du GUR arrêtées à juillet, la Russie détiendrait environ 50 missiles balistiques nord-coréens toutes générations confondues, un total comparable à son stock de missiles aérobalistiques Kinzhal.
Le Hwasong-11C a été présenté publiquement pour la première fois lors d’un défilé militaire à Pyongyang le 14 janvier 2021, avant un premier tir d’essai le 25 mars de la même année, au cours duquel l’engin avait atteint une portée d’au moins 600 kilomètres. Il s’agit d’une version allongée du Hwasong-11A, tirée par paires depuis un lanceur mobile à dix roues. Pyongyang revendique une charge utile pouvant atteindre 2,5 tonnes, très supérieure à celle du missile russe Iskander-M, généralement associée à une fourchette de 480 à 700 kilogrammes. Ce chiffre nord-coréen n’a toutefois pas été confirmé de manière indépendante, et plusieurs analystes le jugent surestimé.
Des techniciens nord-coréens déployés en Russie
Le renseignement ukrainien évoque également l’arrivée d’environ 90 militaires nord-coréens dans la région russe de Voronej, où ils seraient en mesure d’opérer jusqu’à six lanceurs destinés à ces missiles. Cette présence intervient après des déclarations, début août, d’Andriï Tcherniak, représentant du GUR, selon lequel Pyongyang aurait commencé à déployer une unité spécialisée dans cette même région.
Le missile KN-23, précédent modèle transféré fin 2023, avait initialement affiché une précision très dégradée, avec une marge d’erreur atteignant deux kilomètres lors des premières frappes. Cette imprécision s’était toutefois nettement réduite avec le temps.
Un état plus large de l’arsenal balistique russe
Le GUR a communiqué d’autres chiffres sur les stocks russes : environ 130 missiles 9M723 destinés aux systèmes Iskander-M en date du 5 août, quelque 400 missiles RM-48U pour la défense antiaérienne S-400, plus de 600 missiles antinavires Onyx, environ 450 missiles de croisière Kalibr, une centaine de missiles hypersoniques Zircon et jusqu’à une centaine de missiles de croisière Kh-101.
Les fragments de missiles Hwasong-11 avaient été formellement identifiés par des enquêteurs de l’ONU après une frappe sur Kharkiv le 2 janvier 2024, un rapport ayant établi que ces débris provenaient de la série nord-coréenne, en violation de l’embargo sur les armes imposé à Pyongyang depuis 2006.




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