Le directeur de la CIA s’est déplacé en toute discrétion en Russie mardi, avec pour mission de dissuader Moscou de s’en prendre à un pays de l’OTAN. Selon des sources citées par le Wall Street Journal, John Ratcliffe aurait porté ce message directement aux autorités russes lors de son passage dans la capitale.
Un avion repéré révèle le déplacement
Aucune annonce officielle n’avait précédé ce voyage. C’est le repérage d’un appareil de transport militaire américain, un C-17A Globemaster III, entrant dans l’espace aérien de Moscou qui a permis de lever le voile sur ce déplacement, confirmé peu après par le passage d’un cortège diplomatique dans les rues de la ville. CBS News a été le premier média à en révéler l’existence. Ratcliffe n’avait jamais mis les pieds en Russie depuis qu’il dirige l’agence, poste qu’il occupe depuis janvier 2025.
Selon un responsable ukrainien cité par CBS News, Kiev aurait reçu la consigne, en amont de la visite, de suspendre temporairement ses frappes sur le territoire russe. Côté Kremlin, le porte-parole Dmitri Peskov a reconnu mercredi l’existence d’échanges entre agences de renseignement, tout en précisant qu’aucune rencontre n’avait eu lieu avec le président russe.
L’OTAN, cible potentielle d’une provocation russe
Cette démarche ferait suite à des analyses récentes des services de renseignement américains, selon lesquelles Vladimir Poutine envisagerait de tester la cohésion de l’Alliance atlantique par une opération de faible envergure contre l’un de ses membres, dans un horizon de plusieurs années. Trois pays seraient particulièrement surveillés par Washington : l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, ex-républiques soviétiques comme l’Ukraine, aujourd’hui intégrées à l’OTAN.
Le dossier iranien aurait également été abordé durant les discussions, Ratcliffe ayant évoqué la possibilité de sanctions renforcées si le détroit d’Ormuz demeurait fermé au trafic maritime, d’après des personnes informées de la rencontre.
Trump évoque un déplacement « de routine »
Sollicité par l’animateur Glenn Beck sur les ondes radio, le président Donald Trump a écarté tout lien entre ce voyage et un avertissement adressé à la Russie concernant l’OTAN, préférant le décrire comme « semi-routinier ». Il a néanmoins évoqué la possibilité que cette rencontre débouche sur des avancées, dans le cadre de son implication personnelle pour tenter de mettre un terme à la guerre en Ukraine, dont les pourparlers stagnent actuellement.
Ce type de déplacement demeure rarissime : la dernière visite d’un chef de la CIA en fonction sur le sol russe datait de 2021, lorsque William Burns avait rencontré des responsables du Kremlin pour évoquer les mouvements de troupes russes massés à la frontière ukrainienne — quelques mois avant le déclenchement du conflit, en février 2022.
