Un HÜRJET de série a décollé pour la première fois le 30 août 2026, ouvrant la voie à sa livraison prochaine à l’Espagne. Madrid s’apprête à recevoir jusqu’à 45 exemplaires de cet avion d’entraînement supersonique développé par Turkish Aerospace Industries (TAI), une acquisition sans précédent pour un membre de l’Alliance atlantique.
Un contrat validé en plusieurs étapes
L’accord de principe entre Ankara et Madrid date de 2025 : il a été conclu lors d’un salon de défense organisé dans la capitale espagnole, réunissant autour de la table TAI, le ministère de la Défense espagnol ainsi qu’un acteur majeur de l’aéronautique sur le continent. Une première tranche de 30 appareils a été officiellement confirmée le 29 décembre 2025, pour un montant de 2,6 milliards d’euros, dans le cadre d’un contrat attribué à Airbus Defence and Space, désigné coordinateur national du projet, aux côtés de TAI. Le programme, baptisé SAETA II, a été officiellement lancé le 28 avril 2026 à Getafe. Selon les documents disponibles, l’accord final devrait porter la commande totale à 45 appareils, pour une facture évaluée entre 2,4 et 3,3 milliards d’euros selon les sources.
Ces avions doivent remplacer la flotte de F-5M utilisée par l’armée de l’air espagnole depuis 55 ans pour la formation avancée de ses pilotes de chasse, à la base aérienne de Talavera la Real. Sur l’ensemble du contrat, une vingtaine d’appareils sortiraient des chaînes de production turques, le reste étant assemblé par l’industrie espagnole, qui pourrait assurer jusqu’à 60 % du développement et de l’intégration du programme.
Une première livraison décalée d’un an par rapport à la Turquie
Les premières unités espagnoles sont attendues en 2028, un an après leur entrée en service dans les forces turques. La mise en service opérationnelle pour la formation des pilotes espagnols est prévue autour de 2029-2030. « Hava Kuvvetleri Komutanlığımıza teslim edilecek ilk HÜRJET, yer ve taksi testlerinin ardından ilk uçuşunu başarıyla gerçekleştirdi », a annoncé le responsable du secrétariat turc des industries de défense, Haluk Görgün, sur les réseaux sociaux le 30 août — soit, en français : « Le premier HÜRJET qui sera livré à nos forces aériennes a réussi son premier vol après les essais au sol et de roulage. »
Madrid a par ailleurs commandé 45 Eurofighter dans le cadre des programmes Halcón I et II, pour un objectif de 115 appareils de ce type d’ici 2035, et a vu échouer en avril 2026 la médiation entre Dassault Aviation et Airbus sur le programme de chasseur furtif européen SCAF. L’achat des 50 F-35 américains inscrits au budget 2023, pour 6,25 milliards d’euros, reste lui aussi compromis depuis la présentation en avril 2025 d’un plan de défense espagnol de 10,5 milliards d’euros, dont 85 % des crédits doivent bénéficier à des programmes européens.
Pour la Turquie, cet accord constitue sa plus importante exportation aéronautique militaire à ce jour vers un pays membre de l’OTAN. Le HÜRJET n’avait jusqu’ici trouvé preneur qu’auprès des forces armées turques elles-mêmes.



