Lithium au Mali : la Russie cherche à prendre position sur le marché émergent

Deux permis de recherche de lithium ont été renouvelés au Mali le 21 août, alors que la Russie cherche aussi à développer des projets dans ce secteur en pleine expansion. Le Conseil des ministres a validé le renouvellement de dix permis miniers, dont ceux de Faraba et Gouna, détenus par Intermin Lithium SARL, filiale de l’australien First Lithium.


Cette décision permet à First Lithium de poursuivre ses travaux dans le sud du pays. Elle intervient aussi à un moment important pour la compagnie : son rapport trimestriel du 31 juillet indiquait que le renouvellement des titres constituait une condition préalable à la publication de sa première estimation de ressources minérales au Mali. Cette estimation pourrait être publiée au troisième trimestre 2026.

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Deux mines ont déjà placé le Mali parmi les producteurs

Le développement de nouveaux projets intervient alors que le Mali dispose déjà d’une filière de production. Le pays compte deux mines de lithium entrées en service entre 2024 et 2025 : Goulamina et Bougouni.
La première est associée au groupe chinois Ganfeng Lithium. La seconde est développée par Kodal Minerals avec Hainan Mining, qui détient une participation majoritaire dans la structure opératrice. Bougouni a commencé à produire du concentré de spodumène en février 2025 et vise une capacité annuelle de 125 000 tonnes.

Selon le ministère malien des Mines, les deux exploitations pourraient produire ensemble 590 587 tonnes de concentré de spodumène en 2026, ce qui placerait le Mali au premier rang africain selon cette projection gouvernementale. Le potentiel du pays ne repose toutefois pas uniquement sur ces deux opérations. Les extensions de ressources et les nouveaux travaux d’exploration constituent un levier pour accroître la production à moyen terme. Des travaux menés autour de Bougouni ont déjà fait apparaître des possibilités d’extension des ressources.

La Russie développe aussi son projet

Cette perspective explique l’intérêt croissant de nouveaux investisseurs. La Russie dispose déjà d’un projet distinct au Mali par l’intermédiaire d’Uranium One Group, filiale de Rosatom. En juillet 2024, le gouvernement malien avait annoncé le renouvellement du permis de recherche de lithium de Bougoula au profit d’Uranium One, dans le cadre d’un accord de cession avec Moketi Mining.

En mai 2026, Rosatom a annoncé que les premiers résultats de ses travaux d’exploration avaient confirmé le potentiel géologique du site sous licence au Mali. Cette étape ne constitue pas encore une décision de développement industriel, mais elle confirme la poursuite des recherches russes dans le pays. Le renouvellement accordé à First Lithium ouvre donc une nouvelle phase d’exploration. Dans les prochains mois, les résultats obtenus à Faraba et Gouna permettront de préciser l’ampleur des ressources que ces deux permis pourraient renfermer. Pour le Mali, l’enjeu sera aussi de transformer cette multiplication des projets en production, en revenus et en davantage de valeur ajoutée locale.

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