Mali : après la crise de 2025, l'industrie aurifère reprend des couleurs

Les mines industrielles du Mali ont livré 23,5 tonnes d’or entre janvier et juin 2026. Ce volume dépasse de 30 % celui enregistré un an plus tôt et franchit la barre des 21,2 tonnes que le gouvernement attendait sur la période, selon des données du ministère des Mines consultées par Reuters.

Un rattrapage après une année 2025 difficile

Ce résultat semestriel contraste avec l’exercice précédent. La production industrielle malienne avait chuté à 42,2 tonnes sur l’ensemble de 2025, loin des 54,8 tonnes obtenues en 2024 et très en deçà du pic historique de 66,5 tonnes atteint en 2023. Ce recul de près de 23 % tenait principalement à la longue paralysie du complexe Loulo-Gounkoto, exploité par le groupe canadien Barrick Mining, alors en litige avec l’État malien sur l’application du nouveau code minier adopté en 2023. Un audit gouvernemental avait aussi révélé des arriérés fiscaux de 761 milliards de francs CFA réclamés aux compagnies minières.

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Le site a repris ses activités à partir de juillet 2025 sous administration provisoire, mais son rendement était resté limité à 5,5 tonnes sur l’année, un niveau quatre fois inférieur à celui de 2024. Un accord global signé entre Bamako et Barrick en novembre 2025 a ouvert la voie à une montée en puissance progressive des opérations depuis le début de l’année 2026.

Fekola en tête, Loulo remonte la pente

Sur les six premiers mois de 2026, la mine de Fekola, opérée par B2Gold, demeure le premier site producteur du pays avec 8,85 tonnes extraites. Loulo, l’actif phare de Barrick, se replace en deuxième position avec 6,9 tonnes, un volume qui dépasse déjà sa production sur l’ensemble de l’année 2025. Les groupes Resolute et Allied Gold complètent le classement avec des volumes significatifs.

Le ministère des Mines n’a pas fourni d’explication détaillée sur cette performance meilleure qu’anticipé. Ses services n’avaient toujours pas réagi aux demandes de Reuters au moment de la publication des chiffres. Le mois d’août a également vu l’attribution d’un permis à grande échelle pour le projet Menankoto de B2Gold, un nouveau site en préparation.

Une trajectoire encore fragile à moyen terme

Avec 23,5 tonnes extraites à fin juin, le secteur évolue au-dessus du rythme nécessaire pour atteindre l’objectif gouvernemental de 43,2 tonnes sur l’ensemble de 2026. Le Fonds monétaire international avait anticipé cette embellie fin 2025, tablant sur une croissance du PIB malien de 5,5 % pour l’année, portée en partie par la relance minière.

Le plan 2026-2029 du ministère des Mines reste toutefois prudent sur le moyen terme : la production industrielle annuelle devrait rester inférieure à 60 tonnes jusqu’en 2029, avec une trajectoire prévue de 43,2 tonnes cette année, 51,2 tonnes en 2027, un pic à 57 tonnes en 2028, avant un repli à 50 tonnes en 2029. Les réserves d’or industriel du pays sont elles-mêmes estimées en baisse, passant de 906,8 tonnes en 2026 à 748,6 tonnes en 2029.

Troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du Sud et le Ghana, le Mali tire environ 70 % de ses recettes d’exportation de ce métal, qui reste le pilier central de son économie et de ses finances publiques.

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