Dix ressortissants chinois sont maintenus en détention à Bamako, après le démantèlement d’un casino clandestin dont l’activité aurait généré des centaines de millions de francs CFA chaque semaine. La justice malienne a rejeté, mercredi 5 août, leur demande de remise en liberté provisoire, selon les informations rapportées par RFI.
L’affaire dépasse le simple cadre des jeux d’argent. Elle révèle l’existence présumée d’un établissement organisé avec des relais locaux et fonctionnant grâce à plusieurs activités commerciales parallèles.
Un casino clandestin très fréquenté à Bamako
Le projet aurait commencé par la recherche d’une maison dans un quartier huppé de la capitale malienne et le recrutement de jeunes femmes. Selon les informations de RFI, des autorisations présentées comme fausses auraient ensuite été délivrées par de hauts cadres, tandis que le groupe aurait bénéficié de protections locales.
Une fois ouvert, le casino aurait rapidement attiré une clientèle très importante. L’établissement ne se serait pas limité aux jeux. L’alcool y aurait été largement vendu et des chambres de passe auraient également été aménagées, avec la présence de prostituées.
Selon RFI, l’activité aurait permis de faire circuler une quantité importante d’argent. Les autorités maliennes cherchent désormais à déterminer le rôle précis des personnes arrêtées et de leurs éventuels complices.
Pourquoi les casinos attirent-ils l’économie souterraine ?
Le fonctionnement de cet établissement présumé clandestin renvoie à une problématique plus large. Les casinos brassent traditionnellement d’importantes quantités d’argent liquide et peuvent entretenir des activités économiques périphériques : restauration, boissons, hébergement, transport, services privés ou encore prostitution lorsqu’elle est présente.
Le Groupe d’action financière (GAFI) et le Groupe Asie-Pacifique sur le blanchiment de capitaux ont déjà identifié les casinos comme un secteur exposé aux risques de blanchiment. Dans un rapport consacré à cette question, les deux organismes soulignent la fréquence et l’importance des transactions financières réalisées dans les établissements de jeux.
Un rapport du GAFI publié en 2009 relevait déjà que 77 juridictions disposaient alors d’un secteur des casinos légalisé, tandis que huit autres envisageaient sa légalisation ou venaient de l’autoriser. Le document soulignait aussi le caractère fortement liquide de cette activité et sa vulnérabilité à l’exploitation criminelle.
Des complicités locales au centre de l’enquête
À Bamako, l’un des aspects les plus sensibles du dossier concerne donc les soutiens dont le casino aurait bénéficié. Des complices locaux auraient participé à la réalisation du projet et de hauts fonctionnaires auraient facilité son fonctionnement grâce à des autorisations présumées frauduleuses. Le refus de la liberté provisoire prononcé le 5 août maintient les dix ressortissants chinois à la disposition de la justice. L’enquête devra désormais préciser comment l’établissement a pu fonctionner pendant plusieurs mois, identifier les personnes impliquées dans son implantation et déterminer l’origine ainsi que la destination des sommes générées par cette activité clandestine.



