Mark Zuckerberg et Elon Musk : deux discours opposés sur l'IA et l'avenir du travail

Deux visions inconciliables de l’avenir du travail opposent deux des dirigeants les plus influents de la tech mondiale. Zuckerberg défend l’idée que l’intelligence artificielle va générer une vague d’emplois, tandis que Musk anticipe au contraire sa disparition pure et simple.

Zuckerberg défend la création d’emplois

Le patron de Meta a pris la parole quelques semaines après avoir supprimé 8 000 postes au sein de son entreprise, soit environ 10 % de ses effectifs mondiaux. Selon lui, les craintes liées à l’automatisation ne se sont pas concrétisées comme redouté. Il estime que la construction et l’entretien des centres de données nécessaires à l’IA vont, à l’inverse, générer des emplois dans des secteurs variés, notamment le bâtiment, l’ingénierie électrique et la gestion des réseaux énergétiques.

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Ce discours optimiste tranche avec la communication interne de l’entreprise. Dans une note adressée aux salariés au moment des licenciements, le dirigeant avait justifié les coupes en rappelant que le succès n’est jamais acquis. Quelques semaines plus tard, il reconnaissait même que Meta avait fait des erreurs dans sa transformation liée à l’IA, selon des propos rapportés par Reuters.

Musk imagine un monde sans emploi obligatoire

De son côté, le patron de Tesla et SpaceX développe depuis plusieurs années une thèse radicalement différente. Il ne promet pas de nouveaux emplois grâce à l’IA, mais l’obsolescence progressive du travail salarié lui-même. Lors d’une prise de parole publique, il avait résumé sa position ainsi : dans un scénario bénin, aucun d’entre nous n’aura probablement d’emploi.

L’entrepreneur défend un système qu’il appelle le « revenu universel élevé« , distinct du revenu universel de base porté par d’autres figures de la tech. Il estime que la production de biens et de services par l’IA et la robotique atteindra un niveau plusieurs fois supérieur à celui de l’économie actuelle, rendant possible une redistribution généreuse sans recours à l’emploi traditionnel. Musk a récemment illustré cette idée en affirmant que l’automatisation permettrait, selon lui, à chacun de posséder un penthouse s’il le souhaite.

Un débat né dès 2017

Cette opposition n’est pas nouvelle. Dès 2017, lors d’un sommet gouvernemental à Dubaï, Musk évoquait déjà la nécessité d’un revenu universel de base face à l’automatisation croissante, affirmant que l’abondance rendrait les biens quasiment gratuits. La même année, Zuckerberg défendait une position proche lors de son discours de remise de diplômes à Harvard, appelant à explorer un revenu universel de base pour donner à chacun une marge de manœuvre.

Les deux dirigeants ne s’opposent pas uniquement sur ce terrain. Ils ont collaboré ces derniers mois pour tenter de limiter certains projets de régulation de l’intelligence artificielle aux États-Unis, malgré leurs désaccords affichés sur l’impact de la technologie sur l’emploi et sur d’autres sujets, notamment l’information professionnelle.

Les grandes entreprises technologiques ont supprimé environ 250 000 postes dans le monde en 2025, l’intelligence artificielle étant régulièrement citée comme facteur explicatif de ces réductions d’effectifs.

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