Le 17 juin 2026, la FOI a publié un rapport qui estime que le Maroc dispose désormais d’un avantage militaire et politique clair dans le conflit du Sahara occidental. L’étude souligne toutefois que cet avantage ne se traduit pas par une supériorité militaire générale sur l’Algérie, dont les forces seraient plus puissantes dans l’hypothèse d’un affrontement direct.
Un avantage marocain face au Polisario
Intitulé Western Sahara – Half a Century of Conflict in Northwestern Africa, le document de 92 pages a été rédigé par l’analyste Aron Lund pour l’institut suédois de recherche sur la défense. Il examine l’évolution du conflit, les capacités des acteurs et cinq scénarios possibles à dix ans.
Selon la FOI, le rapport de force dans le territoire est actuellement favorable à Rabat. Le Polisario, soutenu par Alger, ne disposerait pas des moyens militaires nécessaires pour contraindre le Maroc à abandonner le contrôle qu’il exerce sur la majeure partie du Sahara occidental. Le rapport relève aussi que les capacités militaires du mouvement indépendantiste se sont affaiblies au fil des décennies, tandis que le Maroc a poursuivi la modernisation de son armée.
La FOI ne prévoit toutefois pas un règlement rapide. Son scénario jugé le plus probable à l’horizon de dix ans reste celui d’un conflit non résolu, avec une progression de l’acceptation internationale du contrôle marocain. Une solution d’autonomie du Sahara occidental au sein du Maroc, approuvée par l’ONU, arrive au deuxième rang des scénarios étudiés.
L’Algérie reste la puissance militaire la plus forte
La comparaison change lorsqu’elle porte directement sur Alger et Rabat. Dans son scénario consacré à une éventuelle guerre entre les deux pays, la FOI considère l’Algérie comme la partie militairement la plus forte. Son budget de défense est évalué à environ 40 milliards d’euros, contre 20 milliards pour le Maroc. L’institut estime cependant que cet avantage matériel ne garantirait pas une supériorité offensive, en raison de la géographie et des difficultés propres à un conflit dans cette région.
Le rapport estime aussi que le Maroc pourrait bénéficier d’un soutien extérieur plus important et plus efficace en cas de guerre. Une confrontation ouverte entre les deux pays reste toutefois jugée peu probable au cours des dix prochaines années, même si des incidents limités pourraient provoquer une escalade.
Un conflit qui pèse sur le Maghreb
Le différend remonte à 1975, lorsque la guerre oppose le Maroc au Polisario, mouvement soutenu par l’Algérie. Un cessez-le-feu entre Rabat et le Polisario entre en vigueur en 1991, sous l’égide de l’ONU. Les hostilités reprennent en 2020, après près de trois décennies de trêve.
Depuis, la rivalité entre Alger et Rabat s’est accompagnée d’une forte hausse des dépenses militaires. Selon la FOI, les deux pays représentaient ensemble près de 90 % des importations d’armements de l’Afrique du Nord entre 2020 et 2024, l’Algérie comptant à elle seule pour plus de la moitié.
Le dossier reste aussi encadré par le processus des Nations unies. En octobre 2025, le Conseil de sécurité a prolongé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026, tout en réaffirmant la recherche d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.


