Mondial 2030 : après le Portugal, le Maroc fait face à une forte contestation en Espagne

Le Maroc fait face à une nouvelle vague de contestation autour de son rôle de coorganisateur de la Coupe du monde 2030. Après l’appel lancé au Portugal par le parti écologiste Livre pour écarter Rabat du projet commun, deux formations politiques espagnoles, Sumar et Vox, demandent désormais à leur tour au gouvernement de l’Espagne de reconsidérer la participation marocaine, dans le sillage de la crise migratoire de Ceuta.

Selon les informations disponibles, ces initiatives parlementaires, qui n’ont pas de caractère contraignant, interviennent après l’arrivée d’environ 72 000 migrants à Ceuta en l’espace de deux jours à la fin du mois de juillet. Elles alimentent un débat politique qui dépasse désormais la seule question migratoire.

Deux partis opposés défendent une même demande

Le parti de gauche Sumar, membre de la coalition gouvernementale dirigée par Pedro Sánchez, estime que le Maroc ne devrait pas bénéficier du prestige et des retombées associées à l’organisation du Mondial tant que des interrogations persistent sur la gestion de la crise migratoire. Dans sa motion, il considère que Rabat ne devrait pas obtenir « le prestige, les avantages économiques et la légitimité internationale » liés à l’organisation de la compétition.

Moins de vingt-quatre heures plus tard, Vox a déposé un texte distinct. Le parti affirme que les événements de Ceuta ont profondément fragilisé la confiance entre les deux pays et soutient que le Maroc « n’est pas un partenaire loyal » pour accueillir un tournoi d’une telle ampleur. Il estime également que le maintien de la coorganisation constituerait une erreur politique.

Quelques jours auparavant, le parti écologiste portugais Livre, cinquième force du Parlement portugais avec six députés, avait adressé une lettre officielle au gouvernement portugais et à la Fédération portugaise de football afin de demander une réévaluation de la participation marocaine au Mondial 2030.

Madrid maintient son soutien au projet

Malgré ces prises de position, le gouvernement espagnol n’a pas remis en cause l’organisation conjointe de la compétition. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a qualifié l’afflux migratoire de « très inhabituel », tout en affirmant que le Maroc avait coopéré pour contenir la situation et permettre le retour de la majorité des migrants dans les quarante-huit heures.

Le chef de la diplomatie espagnole a également appelé les États membres de l’Union européenne à soutenir Ceuta et Melilla, qu’il considère comme des frontières extérieures de l’Union.

Une candidature conçue comme un projet de coopération

Lorsque la FIFA a retenu la candidature commune du Maroc, de l’Espagne et du Portugal, elle avait présenté ce projet comme une initiative destinée à rapprocher l’Europe et l’Afrique autour d’un événement sportif mondial. L’édition 2030 possède aussi une dimension historique : elle sera organisée sur trois continents, avec trois rencontres du centenaire programmées en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, avant le déroulement principal du tournoi au Maroc, en Espagne et au Portugal.

Si la FIFA n’a annoncé aucune modification de son dispositif d’organisation, la crise de Ceuta a élargi le débat autour de cette candidature conjointe. Les discussions portent désormais autant sur les relations politiques entre partenaires que sur les aspects sportifs et logistiques du Mondial 2030.

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