Le ministère turc des Affaires étrangères a appelé au calme après la tentative de coup d’État survenue dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey. L’aéroport Diori-Hamani, le palais présidentiel et la base aérienne 101 ont été le théâtre d’échanges de tirs prolongés, avant que les autorités nigériennes n’annoncent avoir repris la main sur ces positions.
Un appel officiel à la retenue
Dans une déclaration relayée samedi par la presse turque, le ministère des Affaires étrangères a exprimé son souhait qu’un retour au calme s’opère rapidement afin de préserver la sécurité et la stabilité du pays. Ankara a précisé qu’elle continuerait de se tenir aux côtés du peuple nigérien durant cette période troublée. Cette formulation reprend presque à l’identique celle employée par la diplomatie turque lors du putsch de juillet 2023, qui avait porté le général Abdourahamane Tiani au pouvoir.
Le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Moody, impute ces événements à un noyau de soldats retranchés dans la base 101, qui auraient d’abord immobilisé certains de leurs collègues avant de diriger leurs armes vers des cibles jugées stratégiques dans la capitale. Selon des sources sécuritaires, l’épisode ne serait pas lié aux groupes djihadistes actifs dans la région, contrairement aux deux attaques ayant visé le même aéroport en janvier et juin, revendiquées respectivement par l’État islamique au Sahel et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.
Une relation bilatérale renforcée depuis 2021
La position d’Ankara s’explique par le resserrement des liens militaires entre les deux pays depuis plusieurs années. La Turquie avait livré six drones Bayraktar TB2 ainsi que des véhicules blindés au Niger entre 2021 et 2022. Un accord de coopération financière militaire, signé en juillet 2025, doit permettre à Niamey d’acquérir davantage d’équipements turcs, dont des drones et des formateurs militaires.
En juin 2026, le président Tiani s’était rendu à Ankara à l’invitation du président Recep Tayyip Erdoğan, accompagné d’une délégation incluant les ministres de la Défense, des Affaires étrangères, de l’Énergie et du Commerce. Cette visite avait confirmé l’élargissement de la coopération entre les deux pays à des secteurs allant de la sécurité à l’exploitation minière.
Un régime fragilisé par des tensions internes
La mutinerie de ce week-end constituerait la troisième perturbation sécuritaire de l’année à Niamey, mais la première d’origine strictement interne à l’armée. Des sources évoquent des dissensions au sein des troupes, certaines factions reprochant à la hiérarchie militaire le tribut humain payé par les soldats déployés en première ligne contre les groupes armés actifs dans la région du Sahel.
Le Niger reste dirigé depuis juillet 2023 par un Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, qui avait rompu ses accords de défense avec la France pour se tourner vers la Russie et la Turquie. Aucun bilan humain n’a été communiqué à ce stade par les autorités nigériennes.
