Nigeria : 1 500 couples mariés lors d'une cérémonie collective financée par l'État de Kano

Mille cinq cents couples ont célébré leur union le 7 août à Kano, dans le nord du Nigeria, lors d’une cérémonie collective organisée par les autorités régionales. L’événement, qui s’est prolongé sur deux jours, a réuni des mariés issus des 44 zones de gouvernement local de l’État.

Un dispositif financé par les autorités locales

Le gouverneur de Kano, Abba Kabir Yusuf, a personnellement officié la cérémonie, tenue au palais de l’Émir juste après la prière du vendredi. Selon les autorités, plus de 1,5 milliard de nairas ont été mobilisés pour ce programme baptisé Auren Gata. Chaque mariée aurait reçu une dot de 200 000 nairas ainsi qu’un capital de départ pour lancer une petite activité, en plus de mobilier et d’équipements ménagers destinés au foyer.

Le gouverneur a indiqué que cette initiative répondait à une promesse électorale formulée avant les élections générales de 2023. Le dispositif cible en priorité les veufs, veuves, divorcés et célibataires ne disposant pas des moyens nécessaires pour financer un mariage traditionnel, dont les coûts pèsent lourdement sur les familles à revenus modestes de la région.

Un dépistage médical préalable obligatoire

L’accès à la cérémonie n’était pas automatique. Les 3 000 candidats ont dû se soumettre à des examens médicaux organisés par les autorités sanitaires locales et le Hisbah Board, organe chargé de la supervision islamique dans l’État. Les tests comprenaient un dépistage du VIH, de l’hépatite, ainsi que des vérifications de compatibilité génotypique.

Le Hisbah a confirmé que des candidats chrétiens pouvaient participer au programme, bien que celui-ci soit encadré par une agence d’application de la charia. Un responsable de l’organe a rappelé que trois couples chrétiens avaient déjà pris part à une précédente édition tenue en 2023.

Des accusations de pots-de-vin autour de la sélection

Un habitant de Kano, resté anonyme, a affirmé avoir été sollicité pour verser de l’argent en échange d’une place sur la liste des bénéficiaires, avant de préciser que les personnes en cause n’appartenaient pas au personnel officiel du Hisbah. Un commandant adjoint de l’organe islamique a reconnu l’existence de telles pratiques, assurant que la procédure ne devait coûter aucun naira aux candidats.

Parmi les participants figurait un veuf ayant perdu son épouse et ses six enfants lors d’une attaque armée plus tôt dans l’année, remarié à l’occasion de cette cérémonie et bénéficiaire d’un logement offert par le programme.

Une pratique ancienne dans le nord du pays

Les mariages collectifs financés par l’État ne sont pas une nouveauté à Kano. Le dispositif existe depuis 2012, initialement conçu pour lutter contre un taux de divorce jugé élevé par les autorités religieuses locales. Plus de 4 000 unions avaient déjà été célébrées dans ce cadre avant l’édition de cette année, portée à une échelle inédite avec ces 1 500 couples.

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