Une réforme globale du football nigérian a été décrétée le 27 août par la présidence, quelques heures seulement après la démission collective des dirigeants de la fédération nationale. La directive, annoncée par le conseiller spécial à l’information et à la stratégie, Bayo Onanuga, vise à mettre fin aux échecs répétés des sélections nationales dans les compétitions régionales, continentales et mondiales.
Une vague de démissions à la fédération
La décision présidentielle intervient dans la foulée d’un séisme institutionnel à la Fédération nigériane de football (NFF). Son président, Ibrahim Musa Gusau, en poste depuis 2022, a annoncé son départ lors d’une conférence de presse à Abuja. Le secrétaire général, Mohammed Sanusi, ainsi que plusieurs membres du comité exécutif ont suivi le même chemin. Selon le quotidien Vanguard, huit des treize membres du conseil d’administration ont quitté leurs fonctions, plongeant l’institution dans l’incertitude à l’approche de ses élections, prévues fin septembre à Lafia.
Ces départs font suite à une série de désillusions sportives. Les Super Eagles ont manqué les qualifications pour les Coupes du monde 2022 et 2026, cette dernière élimination s’étant jouée aux tirs au but face à la République démocratique du Congo. Les Super Falcons, de leur côté, ont échoué pour la première fois de leur histoire à se qualifier pour la Coupe du monde féminine, battues par l’Afrique du Sud en barrage intercontinental — une compétition à laquelle le Nigeria participait sans interruption depuis sa création en 1991. La fédération fait par ailleurs l’objet d’une enquête des services de renseignement (DSS) portant sur l’utilisation de 17 milliards de nairas, environ 10,9 millions d’euros, débloqués par l’État en 2024 pour régler des arriérés dus aux joueurs.
Des faiblesses structurelles pointées du doigt
Le président Bola Tinubu a justifié sa décision en évoquant des « faiblesses structurelles » affectant durablement les performances nationales. « Le football, sport le plus populaire du pays et premier bénéficiaire du soutien public, continue de souffrir de déficits structurels au sein du système », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par son conseiller. Le chef de l’État a estimé que la gouvernance, l’administration, la représentation des parties prenantes, les voies de développement, les compétitions nationales et la responsabilité devaient être revues dans leur ensemble. Tinubu s’est appuyé sur l’exemple d’autres disciplines sportives nigérianes, qui auraient progressé depuis la restructuration engagée au sein de la Commission nationale des sports (NSC), rétablie ces derniers mois.
Les prochaines étapes
La Commission nationale des sports, chargée d’organiser la transition à la tête de la NFF, resterait divisée sur le choix du futur comité de normalisation. Le président de la NSC, Shehu Dikko, soutiendrait la candidature de Musa Ahmadu, tandis que la directrice générale, Bukola Olopade, privilégierait celle d’Amaju Pinnick, déjà passé par la présidence de la fédération entre 2014 et 2022. Le calendrier de la réforme annoncée par la présidence n’a pas encore été précisé.




La fédération fait par ailleurs l’objet d’une enquête des services de renseignement (DSS) portant sur l’utilisation de 17 milliards de nairas, environ 10,9 millions d’euros, débloqués par l’État en 2024 pour régler des arriérés dus aux joueurs
Une thérapie de choc que je salue ici.
Ce qu’il fallait faire au Benin avant que de Chacus ne dépose son tablier.
Voyez-vous ???
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