Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a rejeté samedi toute revendication américaine sur le détroit d’Ormuz. « Le détroit d’Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien », a écrit Kazem Gharibabadi sur X, en réponse à une déclaration de Donald Trump.
Le président américain avait affirmé vendredi, lors d’un meeting à Garden City, près de New York, que les États-Unis s’approprieraient ce passage maritime stratégique une fois l’Iran vaincu. Un haut responsable de la Maison-Blanche a indiqué au Wall Street Journal que le président américain plaisantait en tenant ces propos.
Une déclaration jugée sans fondement par Téhéran
Le passage ne peut, selon le vice-ministre, « être pris d’assaut avec un tweet ou un porte-avions, ni par un décret présidentiel, ni par un discours de campagne électorale ». Gharibabadi a également averti que le blocus imposé par son pays se poursuivrait tant que Washington refuserait d’admettre sa défaite.
Cet échange intervient alors que les hostilités entre les deux pays ont repris de l’ampleur ces derniers jours. Les frappes récentes comptent parmi les plus fortes enregistrées depuis un protocole d’accord signé le 17 juin, censé mettre fin au conflit déclenché fin février.
Un conflit ancré autour d’une voie maritime stratégique
La guerre entre les deux pays a débuté par une attaque conjointe américano-israélienne contre la République islamique, provoquant des représailles iraniennes contre des alliés régionaux de Washington et le verrouillage du détroit. Cette voie maritime, essentielle au transport mondial d’hydrocarbures, achemine en temps normal environ un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Les États-Unis ont de leur côté instauré un blocus visant les ports iraniens.
Le protocole d’accord conclu en juin prévoyait la réouverture du détroit par l’Iran ainsi qu’un engagement de Téhéran à ne pas se doter de l’arme nucléaire. Les autorités iraniennes démentent toute ambition en ce sens et revendiquent uniquement un droit au nucléaire civil.
Un différend qui s’ajoute à d’autres déclarations de Trump
Trump a par ailleurs promis que l’Iran n’obtiendrait « jamais » l’arme atomique, sans apporter de nouvel élément sur ce dossier. Il a également estimé, à propos d’une éventuelle hausse des prix de l’essence liée à la crise, que cela resterait acceptable, ajoutant ne regretter aucune de ses décisions.
Le conflit, qui dure depuis plus de cinq mois, a fait des milliers de morts selon des bilans cités par plusieurs médias. Depuis le 1er mars, au moins seize navires marchands auraient été visés par des frappes iraniennes à proximité du détroit, selon l’Organisation maritime internationale, qui recense sept marins tués et trois portés disparus dans cette zone.



