Une Nigériane de 26 ans a été arrêtée dans l’État du Delta, au Nigeria, dans le cadre d’une enquête sur un réseau présumé de traite d’êtres humains ayant conduit des jeunes femmes en Côte d’Ivoire à des fins de prostitution. Une femme de 25 ans a été secourue et rapatriée au Nigeria, tandis qu’une deuxième victime présumée serait toujours en Côte d’Ivoire, selon la police, qui poursuit ses recherches.
Selon un communiqué publié dimanche 2 août par le porte-parole de la police de l’État du Delta, SP Bright Edafe, la suspecte, identifiée comme Ese Betty Isiorho, a été interpellée par des agents du commandement de zone d’Effurun à la suite d’une plainte déposée contre elle.
Une fausse promesse de formation
D’après les premiers éléments de l’enquête, la victime secourue aurait accepté de se rendre en Côte d’Ivoire après s’être vu proposer une formation en coiffure. Les enquêteurs estiment qu’une fois arrivée sur place, elle aurait été contrainte à la prostitution.
La police affirme que la suspecte aurait reconnu avoir organisé le déplacement de cette victime ainsi que d’une autre jeune femme vers la Côte d’Ivoire. Les deux auraient ensuite été remises à une femme identifiée sous le nom de « Madame Purity », qui les aurait exploitées dans un réseau de prostitution.
La première victime a depuis été rapatriée au Nigeria, où elle a retrouvé sa famille et bénéficie d’une prise en charge médicale, selon SP Bright Edafe. Les autorités indiquent que la seconde jeune femme se trouverait toujours en Côte d’Ivoire et que les investigations se poursuivent afin de la localiser et d’interpeller d’autres membres présumés du réseau.
Le commissaire de police de l’État du Delta, Yemi Oyeniyi, a salué le travail des agents ayant participé à l’opération. Il a réaffirmé, selon le communiqué, « l’engagement du commandement à lutter contre la traite des êtres humains » et contre les autres formes de criminalité organisée.
Un mode opératoire fréquemment utilisé
Les autorités nigérianes et plusieurs organisations internationales rappellent régulièrement que le Nigeria demeure un pays d’origine, de transit et de destination pour les réseaux de traite des êtres humains. Les enquêtes menées ces dernières années montrent que les recruteurs utilisent souvent de fausses promesses d’emploi, de formation ou d’une meilleure situation économique pour convaincre leurs victimes de quitter leur domicile.
Une fois arrivées dans le pays de destination, certaines victimes sont privées de leurs documents, soumises à des menaces ou contraintes à différentes formes d’exploitation, dont l’exploitation sexuelle.
L’Agence nationale pour l’interdiction de la traite des personnes (NAPTIP) mène régulièrement des opérations avec les forces de sécurité nigérianes et des partenaires de la sous-région afin de démanteler ces réseaux. Le rapport mondial 2024 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) indique que les femmes et les filles restent les principales victimes détectées dans les affaires de traite à des fins d’exploitation sexuelle à l’échelle mondiale.
Les recherches se poursuivent
Selon la police de l’État du Delta, l’enquête reste en cours. Les autorités cherchent à retrouver la deuxième victime présumée, qui serait toujours en Côte d’Ivoire, et à identifier les autres personnes susceptibles d’avoir participé à ce réseau de traite d’êtres humains.



