Puissance en Afrique : l’Algérie dans le « Big Five » de l’ISS

L’Algérie figure parmi les cinq pays africains retenus par l’Institute for Security Studies (ISS) dans son analyse prospective du potentiel de puissance du continent. Le groupe comprend aussi l’Égypte, l’Éthiopie, le Nigeria et l’Afrique du Sud.

Cette étude, publiée dans le cadre du programme African Futures and Innovation (AFI), examine l’évolution des capacités de ces États sur une période de 25 ans. Elle ne constitue pas un classement allant de la première à la cinquième place, mais identifie les cinq pays considérés comme disposant du potentiel de puissance le plus important à l’échelle africaine.

Cinq pays concentrent une part importante du potentiel africain

Selon les données de l’ISS, les cinq États regroupaient à eux seuls environ 60 % de l’économie africaine, 40 % de la population du continent et 58 % des dépenses militaires africaines au moment de l’étude. Leur poids explique leur place particulière dans les projections sur le leadership régional et l’influence internationale de l’Afrique.

L’Algérie dispose de plusieurs leviers qui expliquent sa présence dans ce groupe. Le pays possède une superficie de plus de 2,3 millions de km², ce qui en fait le plus vaste État d’Afrique. Son économie repose aussi sur d’importantes ressources en hydrocarbures. L’AFI indique qu’en 2021, l’Algérie figurait au sixième rang mondial pour les réserves de gaz naturel et au deuxième rang parmi les pays de l’OPEP pour la production de gaz.

Sa position géographique renforce également son importance stratégique. L’Algérie est située sur la façade méditerranéenne et partage des frontières avec plusieurs pays du Sahel, dont le Niger et le Mali. Cette configuration lui donne un rôle important dans les questions de sécurité et de coopération régionales.

Une trajectoire moins favorable que celle du Nigeria et de l’Éthiopie

La présence de l’Algérie dans le « Big Five » ne signifie toutefois pas que son potentiel progressera automatiquement. Les projections de l’ISS publiées dans cette étude prévoient une progression importante des capacités de puissance du Nigeria et de l’Éthiopie, tandis que celles de l’Algérie, de l’Égypte et de l’Afrique du Sud pourraient stagner ou reculer légèrement sur la période étudiée.

Cette nuance reste importante pour comprendre le scénario algérien. Les travaux plus récents de l’AFI soulignent encore les possibilités offertes par les ressources naturelles et le capital humain du pays, mais identifient aussi des défis liés à la diversification économique, à la gouvernance, aux infrastructures et à l’emploi.

L’Algérie reste une puissance importante dans les projections

Les analyses actuelles de l’ISS utilisent aussi d’autres indicateurs pour mesurer l’influence. Selon son indice DiME, qui combine les capacités diplomatiques, militaires et économiques, l’Algérie fait partie des six pays africains présentant le plus fort potentiel d’influence, avec l’Égypte, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Maroc et la Libye.

L’AFI projette également une hausse de la puissance économique algérienne sur sa trajectoire actuelle : son PIB, estimé à 266,5 milliards de dollars en 2019 dans les données de l’ISS, atteindrait environ 453,5 milliards de dollars en 2043. Ces projections dépendent toutefois de l’évolution des politiques économiques et des réformes engagées.

Les cinq pays du « Big Five » de l’ISS

  • Algérie
  • Égypte
  • Éthiopie
  • Nigeria
  • Afrique du Sud

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