Un mandat d’arrêt français a été exécuté fin juillet en Algérie contre un homme recherché depuis plusieurs mois par la justice marseillaise. Mehdi Laribi, 36 ans, se trouvait sur le territoire algérien lorsque les autorités locales ont procédé à son arrestation, le 31 juillet, avant de le soumettre à un contrôle judiciaire.
Ce Franco-Algérien, originaire de Marseille, figure parmi les fondateurs présumés du groupe criminel connu sous le nom de DZ Mafia, d’après plusieurs sources policières. Surnommé « TIC », il compterait parmi les cinq ou six personnes à l’origine de la structure. Il aurait quitté le territoire français depuis plusieurs mois pour diriger ses activités depuis l’étranger.
Un mandat d’arrêt lié à l’opération Octopus
L’interpellation découle d’un mandat émis dans le cadre d’une enquête baptisée « Octopus », pilotée par la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille. Cette procédure avait déjà permis en mars un coup de filet dans le sud de la France, mobilisant plusieurs centaines de gendarmes et débouchant sur une quarantaine d’arrestations, dont 26 personnes ont finalement été mises en examen. Amine Oualane et Gabriel Ory, deux autres figures présumées de l’organisation, avaient alors été placés en détention.
Détenteur de la double nationalité franco-algérienne, Mehdi Laribi ne peut pas être extradé vers la France, l’Algérie n’extradant pas ses propres ressortissants. Il demeure donc sur le sol algérien, sous le régime du contrôle judiciaire.
Une organisation née dans le nord marseillais
Le nom du groupe renvoie au code alpha-2 utilisé pour désigner l’Algérie, en référence aux origines de ses fondateurs. L’histoire de l’organisation prendrait racine dans le 15ᵉ arrondissement de Marseille, à la cité Bassens, où auraient grandi les frères Laribi. La structure est soupçonnée d’être impliquée dans des règlements de comptes, des enlèvements et le contrôle de points de deal dans plusieurs quartiers de la ville, avant que ses activités ne s’étendent à d’autres villes françaises.
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a réagi sur le réseau X, qualifiant l’homme interpellé de cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue. Il a également remercié les autorités algériennes pour cette avancée et cette coopération, en lien avec le parquet national anti-criminalité organisée et le parquet de Marseille.
Un cadre diplomatique en voie d’apaisement
Cette arrestation intervient après plusieurs mois de tensions entre Paris et Alger, marquées par des expulsions réciproques de diplomates et une affaire d’enlèvement visant un influenceur algérien réfugié en France. En mai, le ministre de la Justice s’était rendu à Alger pour relancer la coopération judiciaire entre les deux pays, un déplacement dont les effets semblent aujourd’hui se concrétiser avec ce transfert d’information. Le ministre de l’Intérieur avait par ailleurs récemment décrit les relations bilatérales comme bonnes, dans un climat où les dossiers judiciaires communs restent scrutés de près par les deux administrations.



