Vladimir Poutine a signé le texte légalisant les transactions en cryptomonnaies en Russie. La mesure entrera en application le 1er septembre 2026, après un vote favorable de la Douma le 21 juillet.
Ce que prévoit le texte
Deux régimes coexistent désormais. À l’échelle nationale, aucun changement : le rouble conserve son statut de monnaie unique pour les achats et paiements ordinaires. Pour les opérations avec l’étranger en revanche, les sociétés russes obtiennent le droit de régler leurs partenaires commerciaux directement en actifs numériques. Nous créons un outil légal pour les règlements transfrontaliers, a expliqué Kaplan Panesh, vice-président du comité budget et impôts de la Douma, cité par le Journal du Coin.
Des transactions déjà en cours depuis 2024
Avant même l’adoption de cette loi, des entreprises russes avaient recours au bitcoin pour honorer certains contrats internationaux. Le ministère des Finances russe évoquait cette pratique dès fin 2024, née d’un dispositif expérimental conçu pour desserrer l’étau des restrictions bancaires occidentales. Le ministre Anton Silouanov a confirmé l’existence de ces échanges, jugeant qu’ils représentent l’avenir et méritent d’être développés à plus grande échelle. La nouvelle réglementation étend donc à l’ensemble du secteur une pratique testée jusqu’ici de façon marginale.
Un accès filtré par l’État
Aucune plateforme ne pourra opérer librement. Les opérateurs d’échange devront figurer sur un registre officiel, disposer d’au moins 15 millions de roubles de capitaux propres — près de 187 000 dollars — et adhérer à une organisation chargée de superviser le secteur financier. Les flux passeront par des intermédiaires validés par les autorités, eux-mêmes adossés au système bancaire russe, dont une partie fait l’objet de sanctions internationales. À partir du 1er juillet 2027, les acteurs opérant hors de ce cadre s’exposeront à des poursuites pénales et administratives, sur le modèle des infractions bancaires classiques.
En août 2024, Moscou avait franchi une première étape en autorisant le minage de bitcoin sur son territoire. Ce même minage sera pourtant interdit dans la capitale et dans certaines zones frontalières entre le 15 août 2026 et fin 2032, une décision motivée par des contraintes de consommation électrique.
L’impact réel du texte sur le contournement des sanctions demeure incertain. Bruxelles pourrait viser les plateformes crypto jugées trop proches de Russie, ce qui réduirait le nombre de partenaires étrangers prêts à traiter avec un système financier déjà largement coupé des réseaux bancaires internationaux.



