Minerais en Afrique: la Russie veut participer à un projet majeur en Guinée

Le secteur minier représente déjà près de 30 % du PIB de la Guinée et environ 80 % de ses exportations. C’est dans cette économie fortement dépendante des ressources naturelles que la Russie cherche à renforcer sa coopération avec la Guinée autour de la transformation minière.

Le 17 septembre 2026, Mamadi Doumbouya a reçu au Palais Mohammed V, à Conakry, une délégation de Rusal conduite par l’ambassadeur russe Alexey Popov. Les échanges ont porté sur le programme Simandou 2040, avec un accent sur la transformation locale des ressources minières guinéennes, selon la Présidence. La délégation russe a réaffirmé son intérêt pour les projets considérés comme prioritaires dans le cadre de Simandou 2040 et sa volonté de contribuer à leur réalisation. Elle a également sollicité l’accompagnement des autorités guinéennes pour faciliter ses investissements. Aucun montant d’investissement ni projet précis n’a toutefois été annoncé à l’issue de cette rencontre.

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Les mines représentent une part importante de l’économie

La place accordée à la transformation locale s’explique par le poids du secteur extractif dans l’économie guinéenne. Le pays dispose d’importantes réserves de bauxite, exploite de l’or et possède des ressources considérables en minerai de fer. Selon les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le secteur minier représentait 22 % des recettes publiques et 93 % des exportations guinéennes en 2023. L’entrée en production de Simandou pourrait encore accroître cette contribution.

Une modélisation financière publiée par l’ITIE estime que Simandou pourrait générer entre 850 millions et 1,7 milliard de dollars de recettes publiques annuelles avant 2035. Après cette date, les recettes pourraient atteindre entre 2 et 2,7 milliards de dollars par an selon les hypothèses retenues sur l’évolution du prix du minerai de fer.

Conakry veut transformer davantage ses ressources

Pour les autorités guinéennes, l’objectif ne consiste donc pas uniquement à augmenter les volumes extraits. Mamadi Doumbouya veut accélérer la transformation des matières premières sur le territoire national afin de conserver une part plus importante de la valeur créée par les ressources minières. La Présidence indique que trois raffineries d’alumine sont actuellement en construction et qu’une raffinerie d’or est achevée.

Cette politique doit favoriser la création de valeur ajoutée, le développement du tissu industriel et l’augmentation des retombées économiques du secteur minier. Simandou occupe une place particulière dans cette stratégie. Le projet associe l’exploitation du minerai de fer à la construction d’infrastructures ferroviaires et portuaires. Ces équipements pourraient également favoriser le développement d’autres activités économiques s’ils sont intégrés à une stratégie plus large d’aménagement du territoire.

La Russie cherche une place dans cette transformation

La rencontre du 17 septembre intervient alors que Conakry cherche de nouveaux investissements pour développer cette chaîne de valeur. La Russie, à travers Rusal, déjà présente dans la filière bauxite-alumine en Guinée, souhaite participer à certains projets liés aux priorités de Simandou 2040.

Selon la Présidence guinéenne, les discussions entre Mamadi Doumbouya et la délégation russe ont également porté sur les investissements miniers, la transformation locale et les infrastructures industrielles.
Pour l’heure, les autorités n’ont annoncé ni accord financier précis ni calendrier concernant un éventuel projet russe. La prochaine étape devra donc déterminer les investissements que Moscou et les entreprises russes pourraient effectivement engager dans la stratégie guinéenne de transformation minière.

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