Un appel à ne pas abandonner le Sahel face au terrorisme a été lancé depuis la tribune des Nations unies, le 24 septembre à New York. Il émane de Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal et président en exercice de la CEDEAO, qui s’exprimait en marge du 81ᵉ sommet de l’organisation.
Sa prise de parole intervient alors que la région sahélienne reste, pour la troisième année consécutive, la zone la plus touchée par les violences extrémistes au monde, un constat qui alimente depuis plusieurs mois des appels à une réponse coordonnée entre États voisins, qu’ils appartiennent à l’Alliance des États du Sahel ou aux pays côtiers du golfe de Guinée.
Un discours axé sur la crise de confiance internationale
Devant l’assemblée onusienne, le chef de l’État sénégalais a situé la question sécuritaire dans un cadre plus large, celui d’une « crise de confiance » entre États et envers les institutions multilatérales. Il a évoqué un contexte de conflit permanent qui favoriserait la course aux armements et fragiliserait les mécanismes de désarmement, tout en accroissant les risques liés aux nouvelles technologies. C’est dans ce cadre qu’il a réaffirmé son rôle à la tête de la CEDEAO, annonçant vouloir agir « en collaboration » avec l’Union africaine et les Nations unies pour la paix dans la sous-région.
Le président a ensuite ciblé directement la lutte antiterroriste, qu’il a qualifiée de combat devant rester commun, le phénomène étant par nature transfrontalier selon lui. Il a mis en garde contre l’isolement du Sahel, dont la déstabilisation n’épargnerait, selon ses mots, ni le reste du continent africain ni les autres intérêts présents dans la région.
Le Sahel, épicentre mondial confirmé par les chiffres
L’appel présidentiel s’appuie sur une tendance mesurée depuis près de vingt ans. Selon l’Indice mondial du terrorisme, la part du Sahel dans les décès liés au terrorisme à l’échelle planétaire est passée de moins de 1 % en 2007 à plus de la moitié aujourd’hui, un basculement qui a déplacé le centre de gravité de la menace djihadiste vers l’Afrique subsaharienne. Le Niger a par ailleurs dépassé le Mali et la Syrie en 2025 pour devenir le troisième pays le plus touché, avec 703 morts recensés, dont une majorité de civils.
Sur le terrain, deux approches coexistent sans être formellement reliées. D’un côté, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont érigé en 2026 un dispositif sécuritaire commun au sein de leur confédération, plaçant la sécurité comme condition préalable à toute autre ambition politique. De l’autre, des États comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire plaident pour une mobilisation élargie, associant organisations régionales et partenaires internationaux. L’intervention de Diomaye Faye à l’ONU vise, dans ce cadre, à replacer la CEDEAO comme acteur de coordination entre ces deux dynamiques.




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