Neuf turbines du fleuve Rufiji injectent désormais 2 115 mégawatts dans le réseau électrique de la Tanzanie. La centrale hydroélectrique Julius Nyerere, entrée officiellement en service samedi 22 août 2026, porte la capacité installée du pays à environ 4 646 mégawatts.
La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a présidé la cérémonie d’ouverture aux côtés du Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly, venu représenter le président Abdel Fattah al-Sissi. Les deux dirigeants ont procédé conjointement à la levée du voile sur la plaque marquant l’entrée en fonction du site, après une visite guidée des installations. La cérémonie s’est tenue dans le district de Rufiji, région de la Côte, à environ 200 kilomètres de Dar es-Salaam.
Un chantier mené par deux groupes égyptiens
Le barrage, un ouvrage-poids en béton compacté au rouleau haut de 131 mètres et long de 1 036 mètres, retient un réservoir de 34 milliards de mètres cubes régulé par sept vannes de déversoir. Sa construction, achevée en 42 mois, a été confiée aux entreprises égyptiennes Arab Contractors et Elsewedy Electric, pour le compte de la Tanzania Electric Supply Company. L’électricité produite par les neuf turbines de 235 mégawatts rejoint le réseau national via un poste de 400 kilovolts et les lignes de transmission de Chalinze.
Le projet, envisagé dès les années 1960 par le premier président tanzanien dont il porte le nom, avait été abandonné à plusieurs reprises pour des raisons financières et environnementales avant d’être relancé sous la présidence de John Magufuli. « L’édifice se dresse devant nous comme le témoin d’une volonté tanzanienne forte et d’un savoir-faire technique égyptien remarquable« , a déclaré Madbouly lors de la cérémonie, selon des propos rapportés par la presse égyptienne.
Une production déjà engagée avant l’inauguration officielle
La mise en service formelle intervient après plusieurs mois d’exploitation progressive des turbines. Au 31 mai 2026, l’installation fournissait déjà près de 45 % de l’ensemble de l’électricité livrée au réseau national tanzanien sur les douze mois précédents.
Le marché avait été attribué en 2018 pour un budget de 2,9 milliards de dollars. Ce montant a depuis progressé, les autorités tanzaniennes évoquant désormais un coût proche de 7,45 billions de shillings, contre 6,56 billions de shillings au moment du lancement des travaux. Le financement repose principalement sur les ressources publiques tanzaniennes.
Un tiers seulement de la population raccordée en 2017
La Banque mondiale recensait 33 % de Tanzaniens ayant accès à l’électricité en 2017, un taux parmi les plus faibles au monde. La moyenne de l’Afrique subsaharienne s’établissait alors à 45 %. La centrale doit permettre de doubler la production électrique nationale, avec pour objectif d’alimenter davantage l’industrie et d’exporter un surplus vers les pays voisins.
Le site est construit au sein de la réserve de Selous, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette localisation avait suscité par le passé des critiques d’organisations environnementales sur l’impact du projet pour la faune et les populations riveraines.
