Telegram de retour sur l'App Store après une suspension liée à des contenus pédocriminels

L’application Telegram a disparu pendant plusieurs heures de l’App Store d’Apple, lundi 3 août, avant d’y être rétablie dans la soirée. La messagerie n’était plus téléchargeable pour de nouveaux utilisateurs dans plusieurs pays, dont les États-Unis, l’Inde, l’Australie et Singapour, tandis que les comptes déjà installés sont restés pleinement fonctionnels durant l’incident.

Un contenu pédopornographique à l’origine du retrait

Apple a confirmé avoir retiré temporairement l’application après qu’un examen de ses équipes a révélé la présence de contenus enfreignant ses règles interdisant le matériel d’abus sexuel sur mineurs. Un porte-parole de la firme a précisé que « l’application a été rétablie après que le développeur a rapidement supprimé le contenu et banni l’utilisateur qui l’avait publié ». Telegram a confirmé cette version des faits, indiquant qu’Apple avait signalé un seul utilisateur ayant partagé ce type de contenu, immédiatement exclu de la plateforme.

Sur son compte X, Telegram a réagi avec une pointe d’ironie à cet épisode, écrivant : « Je suis sûr que cette position sera appliquée de la même manière à toutes les autres applications du store, à l’avenir », tout en taguant Apple.

Des précédents sur plusieurs continents

Telegram avait déjà connu ce type de mésaventure. En Chine, l’application avait été retirée de l’App Store local en 2024, en même temps que WhatsApp, Threads et Signal, à la suite d’une injonction du régulateur internet du pays. Un blocage temporaire avait également touché la messagerie au Brésil en 2023, dans une affaire liée à des groupes accusés de promouvoir des violences scolaires. Le cas le plus ancien remonte toutefois à février 2018, lorsqu’Apple avait retiré l’application pour des « contenus inappropriés », avant sa restauration après l’ajout de protections supplémentaires par ses développeurs.

Telegram affirme mener une politique de tolérance zéro face à ce type de contenu depuis 2018, année où l’entreprise avait mis en place ses premières procédures anti-CSAM. Selon les données publiées par la plateforme, plus de 337 900 groupes et canaux liés à des contenus d’abus sexuels sur mineurs ont été supprimés depuis le début de l’année 2026, un chiffre régulièrement mis à jour sur sa page dédiée à la sécurité.

Une pression judiciaire qui pèse sur Telegram

Cet épisode intervient dans un contexte de surveillance accrue autour de la modération de la plateforme. Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, avait été inculpé en France en 2024 pour complicité présumée dans la diffusion d’images à caractère pédopornographique sur son application, une affaire qui avait relancé les critiques sur l’insuffisance des mécanismes de modération de la messagerie, forte de plus d’un milliard d’utilisateurs actifs mensuels.

Ni Apple ni Telegram n’ont précisé le volume exact de contenus concernés par ce dernier incident, ni la méthode ayant permis sa détection.

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