Les intercepteurs Patriot réclamés par Kiev ne seront pas livrés dans l’immédiat. Lors d’une rencontre à l’Oval Office fin juillet, Donald Trump a rejeté la demande de son homologue ukrainien portant sur 300 missiles supplémentaires, selon des sources citées par le Financial Times.
Une pénurie liée au conflit avec l’Iran
Le refus américain s’appuierait sur l’état des stocks disponibles. Selon les sources du quotidien britannique, le président américain aurait justifié sa décision en expliquant que les intercepteurs restants étaient indispensables à la protection des installations et alliés américains dans le Golfe. Les opérations militaires menées face à Téhéran ces derniers mois auraient largement entamé les réserves de missiles PAC-3, version la plus avancée du système Patriot.
Une enquête de Reuters publiée début août a évoqué un épuisement quasi total des stocks américains de missiles de précision longue portée durant la campagne contre l’Iran, affirmation que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a qualifiée d’inexacte.
Kiev réclamait un paquet de missiles avant l’hiver
Volodymyr Zelensky avait formulé cette demande dans la perspective de l’hiver, période durant laquelle les infrastructures énergétiques ukrainiennes sont particulièrement exposées aux frappes russes. Selon des déclarations rapportées par Axios, le président ukrainien aurait justifié l’urgence de sa requête en expliquant que Kiev avait besoin de ces missiles sans plus attendre.
Cette rencontre avait débuté sur une note différente. Les deux dirigeants avaient évoqué un accord permettant à Ukraine de produire elle-même des intercepteurs Patriot sous licence, perspective saluée par plusieurs experts en sécurité internationale comme une avancée notable pour Kiev. Ce projet de production locale, encore à l’étude, ne répond pas à l’urgence immédiate exprimée par Zelensky, les délais de mise en place étant jugés trop longs face aux besoins actuels du front.
Réaction ukrainienne et appel aux sanctions
Face à ce refus, le président ukrainien a demandé aux pays occidentaux réticents à fournir davantage d’intercepteurs de renforcer les sanctions contre Moscou.
Le système Patriot constitue depuis plusieurs années la principale protection de Ukraine contre les missiles balistiques russes, aucune autre arme occidentale fournie à Kiev ne disposant de capacités équivalentes d’interception. Washington avait déjà livré plusieurs batteries Patriot depuis 2023, mais les cadences de production américaines peinent à suivre la consommation de munitions sur plusieurs théâtres d’opérations simultanés.



