Ukraine : la visite de la CIA à Moscou relance les doutes sur l'exclusion des Européens

Aucune capitale européenne n’aurait été prévenue à l’avance du déplacement du directeur de la CIA à Moscou, mardi 25 août. John Ratcliffe s’est rendu dans la capitale russe à bord d’un Boeing C-17A Globemaster III de l’armée de l’air américaine, selon plusieurs médias américains dont CBS News et Axios.

Un vol resté secret jusqu’à son atterrissage

L’appareil a décollé de la base de Joint Base Andrews, près de Washington, avant de faire escale à Riga, en Lettonie, le 23 août, puis de rejoindre l’aéroport de Vnukovo. Le ministère letton de la Défense a confirmé que le vol avait été dûment coordonné et autorisé dans son espace aérien, sans pouvoir préciser sa destination finale, l’appareil n’étant pas opéré par les forces armées lettones. Ni Washington ni le Kremlin n’ont confirmé officiellement la visite dans un premier temps. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé n’avoir aucune information sur cet avion et a assuré qu’aucune rencontre avec des représentants de l’administration américaine n’était prévue cette semaine.

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Il s’agit du premier déplacement connu d’un directeur de la CIA en Russie depuis novembre 2021, lorsque William Burns avait rencontré Nikolaï Patrouchev, alors secrétaire du Conseil de sécurité russe, quelques mois avant l’invasion de l’Ukraine. Le contenu des discussions tenues par Ratcliffe n’a pas été rendu public.

Une visite qui tranche avec les cérémonies à Kiev

Le voyage intervient au lendemain du 35e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, célébré à Kiev en présence de plusieurs dirigeants européens venus afficher leur soutien à Volodymyr Zelensky. Aucun représentant en exercice de l’administration Trump n’avait assisté aux cérémonies de lundi. Ce décalage de calendrier alimente les interrogations sur la coordination entre Washington et ses partenaires européens dans le dossier ukrainien.

Selon CNN, les États-Unis auraient demandé à l’Ukraine de suspendre ses frappes de drones et de missiles sur Moscou et le nord de la Russie entre lundi et mercredi, le temps du déplacement. Les autorités ukrainiennes auraient uniquement été informées qu’un haut responsable américain se rendait en Russie, sans précision sur son identité ni sur l’objet de la mission.

Un canal de négociation déjà utilisé pour des échanges de détenus

Ratcliffe entretient des contacts réguliers avec le chef du renseignement extérieur russe (SVR), Sergueï Narychkine, depuis sa prise de fonction en janvier 2025. Il avait personnellement négocié la libération, en avril 2025, de la ressortissante américano-russe Ksenia Karelina, échangée contre un autre détenu. La visite survient alors que les négociations engagées par les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine restent bloquées, Moscou continuant de refuser tout cessez-le-feu.

Le précédent de 2021 avait valeur d’avertissement : Burns s’était rendu à Moscou pour signaler au Kremlin que Washington disposait de renseignements sur les préparatifs d’une invasion à grande échelle de l’Ukraine, quelques mois avant que celle-ci ne débute effectivement en février 2022. La nature de la mission confiée à Ratcliffe cette semaine — négociation, avertissement ou prise de contact — reste à ce stade inconnue.

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