Kim Yo-jong, sœur du dirigeant nord-coréen, a affirmé mercredi ne rien savoir d’un quelconque échange entre Kim Jong-un et Donald Trump, contredisant ainsi le président américain qui affirmait avoir reçu une réponse positive à sa demande de rencontre. Quelques heures plus tard, la Corée du Nord a tiré une dizaine de missiles balistiques de courte portée depuis la région de Pyongyang, selon l’armée sud-coréenne.
Un démenti qui tranche avec l’optimisme de Trump
Trump avait pourtant assuré lundi que Kim Jong-un avait « répondu » à ses ouvertures, qualifiant l’échange de « très positif » sans donner davantage de précisions. Le président américain avait multiplié les gestes d’apaisement envers Pyongyang ces derniers jours, ordonnant dimanche au Pentagone de réduire fortement les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, jugés « coûteux » et porteurs d’un signal « inapproprié et hostile » envers son homologue nord-coréen.
Dans son communiqué diffusé par l’agence d’État KCNA, Kim Yo-jong a affirmé qu’il s’agissait peut-être « du seul sujet de politique étrangère » que son frère mènerait sans qu’elle en soit informée. Elle a toutefois précisé que la relation entre les deux dirigeants restait « toujours excellente », tout en jugeant que les politiques américaines envers Pyongyang demeuraient hostiles. Le raccourcissement des manœuvres militaires américano-sud-coréennes n’a, selon elle, rien changé à leur caractère « provocateur et agressif ».
Trump espère organiser une quatrième rencontre avec Kim Jong-un avant la fin de l’année, qui pourrait se tenir en novembre en marge du sommet de l’Apec en Chine. Les deux hommes ne se sont plus vus depuis leur entrevue à Panmunjom en 2019, à la frontière intercoréenne.
Pyongyang en position de négociation renforcée
Plusieurs analystes estiment que la Corée du Nord n’a plus le même besoin de dialogue qu’en 2019. Selon Kuyoun Chung, politologue à l’université Kangwon, le message de Kim Yo-jong viserait moins à fermer la porte à un sommet qu’à « faire monter le prix du réengagement » diplomatique avec Washington.
Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, Pyongyang exige régulièrement d’être reconnue comme puissance nucléaire, une condition que les États-Unis refusent pour l’instant d’accepter. Le pays aurait renforcé son indépendance économique vis-à-vis de la Chine grâce aux gains tirés de son soutien militaire à la Russie dans la guerre en Ukraine, selon des analystes cités par l’institut de recherche KEI, ce qui réduirait sa dépendance aux sanctions levées par Washington.
Trump a par ailleurs évoqué mercredi un arsenal nord-coréen de « 57 armes nucléaires très puissantes », une estimation inhabituellement précise pour un président américain. Le ministre sud-coréen de la Défense, Ahn Gyu-back, a de son côté avancé une fourchette bien plus large, entre 80 et 120 têtes nucléaires, sans confirmer de chiffre exact.
Un cadre régional sous tension
L’annonce de Trump intervient alors que la Chine, principal allié de Pyongyang, a dépêché son ministre des Affaires étrangères Wang Yi à Séoul pour rencontrer le président sud-coréen Lee Jae-myung. Pékin a indiqué vouloir jouer un rôle constructif pour la paix dans la péninsule coréenne, sans se prononcer sur son éventuelle implication dans un sommet Trump-Kim. Les trois précédents sommets entre Trump et Kim, tenus en 2018 et 2019 à Singapour, Hanoï et Panmunjom, s’étaient soldés par l’absence d’accord concret sur la dénucléarisation nord-coréenne.



