Une bougie laissée allumée par un animateur décédé aurait provoqué l’incendie qui a fait onze morts dans un gîte de Wintzenheim, en Alsace, le 9 août 2023. Le parquet de Paris a indiqué le 23 septembre 2026 que cette hypothèse était désormais privilégiée par les enquêteurs.
L’animateur auquel la bougie est attribuée figure parmi les victimes. Selon les éléments de l’enquête rapportés par la presse, il serait ensuite retourné dans le bâtiment pour tenter de porter secours aux vacanciers. La détermination de l’origine probable du feu ne règle cependant qu’une partie du dossier : la justice examine séparément les conditions de sécurité et d’exploitation du gîte.
L’incendie serait parti de l’espace de vie
Les investigations situent le départ du feu dans la pièce commune du bâtiment. Une bougie qu’un accompagnateur aurait laissée brûler serait à l’origine de l’embrasement. Cet homme est ensuite mort au cours du sinistre.
Les enquêteurs ont aussi cherché à comprendre pourquoi l’incendie avait pu gagner une partie importante des locaux. Le gîte du Haut-Rhin avait été aménagé dans une ancienne grange. Après le drame, les autorités avaient indiqué que l’établissement n’avait pas fait l’objet du contrôle d’une commission de sécurité alors qu’il recevait des groupes de vacanciers.
La cause présumée du départ de feu et les conditions d’exploitation du bâtiment font l’objet d’examens distincts. Le 10 septembre 2026, le parquet a demandé que la propriétaire et sa société de gestion soient jugées pour homicides et blessures involontaires. Cette demande ne vaut pas renvoi définitif devant un tribunal : la décision revient aux juges d’instruction.
Vingt-huit personnes étaient présentes
Le gîte accueillait 28 personnes lorsque l’incendie s’est déclaré tôt dans la matinée. Dix adultes en situation de handicap mental et un accompagnateur ont perdu la vie, tandis que 17 personnes ont échappé au feu. Les données publiées après le sinistre donnent aussi une idée des moyens engagés. La Gendarmerie nationale avait annoncé la mobilisation de 75 gendarmes, tandis que 76 sapeurs-pompiers avaient participé aux opérations de secours.
Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a ensuite détaillé l’organisation des séjours. Deux groupes de vacances adaptées occupaient le bâtiment. L’un réunissait neuf vacanciers et trois professionnels au rez-de-chaussée. L’autre devait accueillir treize vacanciers accompagnés de trois professionnels dans les niveaux supérieurs.
Les conditions de sécurité restent examinées
Dès août 2023, l’enquête judiciaire ne s’était pas limitée à rechercher l’élément ayant déclenché l’incendie. Les investigations avaient également porté sur le statut du bâtiment, son aménagement et les règles applicables à l’accueil du public.
La vice-procureure de Colmar avait alors indiqué que le gîte ne respectait pas les exigences de sécurité auxquelles il aurait dû être soumis. L’absence de contrôle préalable par une commission de sécurité avait également été relevée.
Trois ans plus tard, la piste de la bougie apporte un élément sur l’origine présumée du sinistre, sans déterminer à elle seule les éventuelles responsabilités pénales liées à ses conséquences. Les juges d’instruction doivent désormais décider si les manquements reprochés à l’exploitante justifient son renvoi devant le tribunal correctionnel.



