À l'ONU, Dangote promet des actions de sa raffinerie à 2 millions de femmes vulnérables

Deux millions de femmes nigérianes vulnérables sont visées par un programme d’actionnariat dans la raffinerie d’Aliko Dangote. L’industriel l’a annoncé le 24 septembre à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, quelques jours à peine après le lancement de l’introduction en bourse de son groupe pétrolier.

Une réponse à une question sur les veuves de conflit

L’annonce est intervenue lors d’un échange avec la secrétaire au gouvernement de l’État de Yobe, Dr Goje Mohammed, qui interrogeait le milliardaire sur les moyens pour les partenariats public-privé de soutenir les communautés touchées par les conflits, en particulier les veuves. Dangote a répondu que sa fondation, la Aliko Dangote Foundation, collaborerait avec les gouvernements des États nigérians pour identifier des femmes vulnérables, veuves ou victimes de violences, capables d’acquérir des parts de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals Limited.

« Nous nous associons aux gouvernements des États pour que les veuves et les autres femmes vulnérables puissent acheter des actions de la raffinerie »
, a-t-il déclaré, avant de préciser : « Nous visons à toucher environ deux millions de femmes à travers cette initiative. » Selon lui, la fondation irait au-delà du simple accès à l’achat de titres en offrant des actions supplémentaires, conservées comme une épargne de long terme par les bénéficiaires.

L’introduction en bourse et des partenaires mobilisés

Le programme s’appuie sur l’introduction en bourse de la raffinerie, surnommée la « People’s IPO », dont la fenêtre de souscription a ouvert le 14 septembre 2026 et doit se refermer le 13 octobre. Environ 4,1 milliards d’actions ordinaires sont proposées au prix unitaire de 525 nairas, soit près de 0,40 dollar, pour une levée de fonds espérée jusqu’à 2,1 milliards de dollars, correspondant à une participation d’environ 3 % du capital.

Cette opération grand public fait suite à un placement privé réalisé en juillet, qui avait permis de récolter 2,5 milliards de dollars auprès d’investisseurs africains et internationaux, sous la conduite de la Africa Finance Corporation, pour 6 % du capital. Cette souscription, sursouscrite 3,7 fois, avait valorisé la raffinerie à 40 milliards de dollars, contre près de 49 milliards désormais visés dans le cadre de l’offre publique. C’est dans la continuité de cette dynamique de collecte de capitaux qu’intervient la promesse faite aux femmes vulnérables, présentée comme un volet social de l’opération boursière.

Une raffinerie déjà opérationnelle depuis 2024

Construite pour un montant estimé à 20 milliards de dollars dans la zone franche de Lekki, près de Lagos, l’usine traite 650 000 barils de brut par jour et a démarré ses activités en 2024, bouleversant le marché nigérian des carburants jusque-là fortement dépendant des importations. Selon d’anciennes données de la Banque mondiale, moins de la moitié des femmes nigérianes disposaient d’un compte bancaire actif avant la pandémie, un cadre qui donne à l’initiative annoncée à New York une portée particulière en matière d’inclusion financière.

Dangote a par ailleurs évoqué la possibilité d’une cotation secondaire de la raffinerie aux États-Unis d’ici trois à quatre ans, ainsi que son intention d’introduire progressivement en bourse l’ensemble des filiales de son conglomérat, actif dans le ciment, le sucre et le sel. Aucune précision n’a pour l’instant été apportée par la fondation sur le calendrier de mise en œuvre du programme destiné aux femmes, ni sur les critères précis d’éligibilité qui seront appliqués État par État.

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