Mali : le gouvernement veut s’attaquer aux racines de la mendicité, voici comment

Le Mali veut désormais agir sur les facteurs sociaux qui entretiennent la mendicité. Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a lancé jeudi 24 septembre à Bamako la phase opérationnelle de la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité et de son premier plan d’actions pour 2026-2028.

Le gouvernement ne présente pas cette politique comme une simple opération visant à éloigner les mendiants des rues. Dans son document adopté en juin puis approuvé par décret en août, il considère que la progression du phénomène dans les espaces urbains et semi-urbains est liée aux difficultés économiques de certains ménages. Les autorités lui attribuent aussi des conséquences sur la protection des enfants, la cohésion sociale et le développement humain.

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Les enfants parmi les premières préoccupations

La situation des enfants constitue l’un des principaux volets de la stratégie. Le gouvernement indique vouloir réduire durablement la mendicité, en particulier lorsqu’elle concerne des enfants, avec une approche fondée sur la prévention et la protection.

L’enjeu dépasse la seule présence d’enfants dans les rues. Une analyse de l’UNICEF publiée sur la situation des enfants au Mali indique qu’au moins 2,4 millions d’enfants étaient engagés dans des travaux considérés comme dangereux selon une estimation issue de 2018. La mendicité forcée figure parmi les formes les plus préoccupantes de travail des enfants recensées dans le pays. L’organisation cite la pauvreté familiale, les difficultés du système éducatif et les insuffisances des mécanismes de protection parmi les facteurs associés à cette situation.

Quatre axes pour réduire la mendicité

Le plan 2026-2028 repose sur quatre orientations définies par le Conseil des ministres. La première prévoit de développer des alternatives économiques et de favoriser la réinsertion des personnes vulnérables. La deuxième vise à renforcer la responsabilité des parents et des familles. Le troisième axe porte sur l’encadrement et l’accompagnement des écoles coraniques. Le quatrième prévoit une intégration progressive de l’enseignement religieux dans le système éducatif national. Le gouvernement présente ces mesures comme un moyen d’agir sur les conditions qui peuvent conduire des personnes vulnérables à dépendre de la mendicité. Lors du lancement, Abdoulaye Maïga a résumé l’approche en évoquant « la protection de l’enfant, la responsabilisation des familles, l’accompagnement des maîtres coraniques, l’éducation inclusive et la réinsertion ». Selon le gouvernement, le dispositif n’a pas de vocation répressive et privilégie une réponse sociale.

Un plan chiffré à plus de 5 milliards de FCFA

Les autorités maliennes avaient présenté en juin, devant l’Organisation internationale du travail, une estimation de plus de 5 milliards de francs CFA pour financer le plan. Une cartographie des lieux de regroupement des mendiants avait aussi été annoncée. Le montant effectivement mobilisé pour son exécution n’a toutefois pas été précisé lors du lancement du 24 septembre. La stratégie doit ainsi agir sur plusieurs niveaux : réduire la vulnérabilité économique, renforcer la protection des enfants, accompagner les familles et améliorer l’encadrement éducatif. Son premier plan d’actions couvre la période 2026-2028.

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