Afrique du Sud : les États-Unis annoncent des sanctions contre des responsables de « politiques raciales »

Washington a annoncé mardi 15 septembre 2026 une nouvelle série de restrictions de visa visant des ressortissants sud-africains. La mesure, dévoilée par le secrétaire d’État Marco Rubio, cible les responsables jugés impliqués dans des lois ou des pratiques discriminatoires envers les minorités raciales du pays.

Un cadre juridique fondé sur un décret présidentiel

Cette décision s’appuie sur le décret exécutif 14204 signé par le président Donald Trump, intitulé « Lutter contre les actions flagrantes de la République d’Afrique du Sud ». Selon la déclaration officielle du département d’État, la restriction s’applique en vertu de l’article 212(a)(3)(C) de la loi sur l’immigration et la nationalité, qui permet de refuser l’entrée aux États-Unis à tout étranger dont la présence « aurait des conséquences potentiellement graves en matière de politique étrangère ». Certains membres de la famille des personnes visées pourraient également être concernés par ces restrictions.

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Les autorités américaines justifient cette mesure par plusieurs griefs : des lois jugées discriminatoires fondées sur la race, des menaces de saisie de terres sans compensation financière, ainsi que des chants et slogans qu’elles qualifient d’incitation à la violence contre les minorités ethniques, en particulier les Afrikaners. Marco Rubio a précisé que le gouvernement sud-africain « n’a pas répondu de manière adéquate aux préoccupations précédemment exposées », ce qui aurait motivé l’annonce de cette nouvelle politique de visas.

Des relations bilatérales dégradées depuis janvier 2025

Cette annonce s’ajoute à une série de tensions accumulées entre les deux pays depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Le président américain accuse depuis plusieurs mois le gouvernement de Cyril Ramaphosa de mener une politique discriminatoire envers la minorité blanche, évoquant à plusieurs reprises un « génocide » sans apporter de preuve reconnue par Pretoria. Washington avait déjà accordé le statut de réfugié à un groupe d’Afrikaners en mai 2025, expulsé l’ambassadeur sud-africain aux États-Unis, imposé des droits de douane de 30 % sur les produits sud-africains et suspendu une partie de son aide bilatérale. Les États-Unis ont également boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg fin novembre 2025, avant d’annoncer l’exclusion de l’Afrique du Sud du sommet prévu en 2026 à Miami.

À titre de repère historique, la question foncière sud-africaine trouve son origine dans le Natives Land Act de 1913, qui avait restreint la propriété terrienne de la population noire à environ 7 % du territoire national sous le régime colonial britannique, une répartition dont les effets structurent encore aujourd’hui les débats sur la réforme agraire dans le pays.

Pretoria n’a pas encore réagi

Aucune réaction officielle du gouvernement sud-africain n’avait été communiquée au moment de la publication de cette annonce. Les précédentes déclarations de Cyril Ramaphosa avaient qualifié les accusations américaines de désinformation, tout en affirmant que la loi sur l’expropriation ne visait pas spécifiquement la minorité blanche. Le champ d’application exact de ces nouvelles restrictions de visa reste à préciser par le département d’État.

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