Près de 120 délégations étrangères sont attendues les 9 et 10 septembre au Grand Palais, à Paris, pour le premier Sommet international sur l’espace organisé à l’invitation d’Emmanuel Macron. Plusieurs chefs d’État africains, dont le Rwandais Paul Kagame et le Congolais Denis Sassou Nguesso, y sont conviés, alors que Paris et Washington déploient des approches concurrentes pour s’imposer sur le continent.
Une offensive diplomatique française structurée autour de plusieurs sommets
Le rendez-vous parisien reflète une séquence dense de rapprochements franco-africains engagée depuis 2025. La France avait déjà coorganisé, les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, le sommet Africa Forward avec le président kényan William Ruto. Ce format, lancé en 1973, sortait alors pour la première fois du cadre français ou francophone qui prévalait jusqu’ici. Le ministre français de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste, a justifié cette dynamique en affirmant que l’espace montre les liens entre recherche, innovation et souveraineté. Le sommet du Grand Palais doit aborder quatre priorités : la sécurité orbitale, l’économie spatiale, la régulation et l’exploration scientifique, avec l’Agence spatiale africaine parmi les organisations représentées.
Washington mise sur l’autonomie technique des agences africaines
De leur côté, les États-Unis ont engagé depuis décembre 2025 une série de réunions techniques préparatoires à la conférence NewSpace Africa, tenue du 20 au 23 avril à Libreville, au Gabon. Le 16 décembre 2025, l’ambassadeur Jonathan Pratt, haut responsable du Bureau des affaires africaines du département d’État, a réuni à Washington des représentants des agences spatiales du Sénégal, de l’Angola, du Nigeria, du Kenya, de l’Éthiopie, du Rwanda et de l’Égypte, entre autres. Washington y défend des programmes spatiaux « non dépendants, opaques ou contrôlés par des acteurs extérieurs », une formule qui vise implicitement la présence chinoise et russe sur le marché satellitaire africain. Les départements américains de la Guerre, du Commerce et la Commission fédérale des communications ont pris part aux échanges.
Un marché disputé, dominé par des acteurs extérieurs à l’Occident
Cette compétition s’explique par un rattrapage économique tardif des Occidentaux. Sur 4,7 milliards de dollars de contrats satellitaires signés par des pays africains entre 1998 et 2023, 1,396 milliard de dollars sont revenus à des entreprises chinoises et russes, contre seulement 250 millions de dollars pour des sociétés américaines, selon une analyse du cabinet Space in Africa relayée par l’Atlantic Council. Le continent compte aujourd’hui plus de 60 satellites en orbite, un chiffre en forte progression depuis la création de l’Agence spatiale africaine, officiellement lancée en 2023 en Égypte. Le Nigeria et le Rwanda ont par ailleurs été les deux premiers pays africains à rejoindre les Accords Artemis, le cadre spatial porté par Washington, suivis par l’Angola en 2023.



