Le 2 septembre 2026, Samuel Eto’o a renouvelé son soutien à Gianni Infantino dans un entretien accordé à L’Équipe. Le président de la Fédération camerounaise de football a surtout défendu une vision du développement du football africain fondée sur l’augmentation des ressources disponibles pour les fédérations.
Le dirigeant camerounais intervient alors que le président de la FIFA fait face à une forte contestation en Europe après l’abandon de FIFA Forward Enterprise, un projet qui devait ouvrir une partie des activités commerciales de l’instance à des investisseurs privés. Présentée fin juillet, la proposition prévoyait la création d’une nouvelle structure chargée de gérer des activités commerciales liées aux compétitions de la FIFA. Le projet a été abandonné le 1er août après l’opposition de plusieurs confédérations, dont l’UEFA.
Eto’o défend la stratégie d’Infantino
Pour Samuel Eto’o, le débat autour de cette initiative ne peut pas être analysé uniquement à partir des intérêts des grandes fédérations européennes. Il considère que les réalités financières des fédérations africaines sont très différentes.
« On vend déjà le football », explique-t-il dans L’Équipe, en rappelant que les entreprises participent déjà au financement du sport en achetant des espaces publicitaires et des droits commerciaux. Selon lui, les fédérations africaines doivent aussi pouvoir rechercher les moyens nécessaires pour développer leurs infrastructures et leurs compétitions.
L’ancien attaquant du FC Barcelone conteste aussi l’idée selon laquelle l’UEFA devrait avoir une place prépondérante dans les décisions de la FIFA. Il reconnaît l’importance de la confédération européenne, mais estime que les intérêts des fédérations africaines doivent être pris en compte dans les mêmes débats.
Cette position intervient alors qu’Infantino conserve un soutien important sur le continent africain. La FIFA indique avoir investi plus d’un milliard de dollars dans le développement du football africain depuis le lancement du programme FIFA Forward en 2016. L’organisation estime que les financements consacrés à l’Afrique pourraient atteindre 1,28 milliard de dollars à la fin du cycle 2026.
Mbappé et Tchouaméni comme exemples
Le manque de moyens constitue l’un des principaux arguments avancés par Eto’o. Il évoque des fédérations africaines fonctionnant avec des budgets pouvant atteindre seulement 150 000 euros et explique que certaines restent très dépendantes des financements publics.
Il relie cette faiblesse financière au départ des jeunes joueurs vers l’Europe. Pour illustrer son raisonnement, le président de la Fecafoot cite deux internationaux français dont les origines familiales sont liées au Cameroun : Kylian Mbappé et Aurélien Tchouaméni.
« Si nous avions au Cameroun la possibilité de compter sur un budget de 20 millions ou de 40 millions de dollars par an, bien évidemment que nous aurions eu des Mbappé, des Tchouaméni », affirme-t-il. Son propos vise à montrer que le potentiel existe, mais que les conditions nécessaires à son développement restent insuffisantes.
Un soutien dans un contexte tendu à la FIFA
Le soutien d’Eto’o intervient alors que l’avenir politique d’Infantino à la FIFA se joue déjà en partie. Le dirigeant italo-suisse a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat lors du Congrès prévu en mars 2027. L’UEFA, de son côté, poursuit ses démarches contre la gouvernance de la FIFA et cherche à obtenir des documents concernant le projet abandonné.
Eto’o assume donc une position qui dépasse la seule personne d’Infantino. Pour lui, l’enjeu porte aussi sur la capacité des fédérations africaines à disposer de ressources suffisantes pour former leurs joueurs, construire des infrastructures et développer leurs championnats. Il estime que les besoins de l’Afrique doivent être pris en compte dans les choix économiques et politiques de la FIFA.



