Le croiseur nucléaire russe Amiral Nakhimov a achevé ses essais en mer fin août 2026, selon le site spécialisé Defense Express. Ses dimensions sont impressionnantes : 252 mètres de long pour près de 28 000 tonnes à pleine charge. Le navire devrait rejoindre les effectifs de combat de la Marine russe avant la fin de l’année.
Un chantier de 27 ans à Severodvinsk
Entré en service en 1988, le bâtiment n’avait plus navigué depuis 1997. Immobilisé au chantier naval de Sevmash à partir de 1999 pour ce qui devait être de brèves réparations, il y est resté près de trois décennies. Sa remise à flot n’a eu lieu que le 25 juillet 2025, avant une première sortie en mer par ses propres moyens en août de la même année, une première depuis 28 ans. La phase finale des essais a débuté le 1er juin 2026, avec un retour au port de Severodvinsk confirmé le 21 juillet. Le coût total de cette modernisation, entamée en 2010, atteindrait 2,3 milliards de dollars, soit près de deux milliards d’euros.
Fin juillet, l’amiral Alexandre Moiseïev, commandant en chef de la Marine russe, aurait indiqué que le navire traversait les dernières étapes de ses essais post-modernisation, avant une entrée en service attendue d’ici la fin de l’année.
Un arsenal pensé pour défier l’OTAN
Le navire appartient au projet 1144.2M Orlan, dont l’appellation OTAN est « classe Kirov ». Il disposerait de 176 cellules de lancement vertical, capables d’accueillir des missiles de croisière, antinavires et hypersoniques. Sa remise en service replacerait une seconde plateforme lourde à propulsion nucléaire aux côtés du Pyotr Velikiy, seul croiseur nucléaire russe resté opérationnel jusqu’ici, la classe Kirov n’ayant compté que quatre unités construites au total.
L’apparition de cette classe de navires dans les années 1980 avait durablement marqué les états-majors occidentaux. Leur gabarit, comparable à celui des cuirassés de la Première Guerre mondiale, avait poussé les observateurs de l’OTAN à les qualifier de « battlecruisers », une catégorie disparue depuis des décennies des marines occidentales. Cette montée en puissance soviétique avait même pesé dans la décision de l’administration américaine de Ronald Reagan de remettre en service les cuirassés de classe Iowa au début des années 1980, faute de croiseur capable de rivaliser.
Un rôle possible dans la guerre en Ukraine
Le retour du Nakhimov interviendrait alors que le conflit entre la Russie et l’Ukraine s’est largement déplacé vers une guerre de drones. Sa capacité de frappe reste jugée dissuasive par plusieurs analystes militaires, pour la protection des bastions de sous-marins lanceurs d’engins de la flotte du Nord russe, un pilier de la posture de dissuasion nucléaire de Moscou.



