Les premiers ananas frais béninois pourraient partir vers la Chine avant la fin de l’année 2026, selon le rapport de mise en œuvre du Projet d’appui à la compétitivité des filières et à la diversification des exportations (PACOFIDE). Ces envois resteraient soumis aux procédures sanitaires convenues entre les deux pays. Le Bénin cherche à diversifier ses exportations agricoles, longtemps dominées par le coton et l’anacarde, et l’ananas fait partie des filières visées.
Le coton reste le premier produit agricole exporté du pays, mais son poids recule. D’après la Direction de la statistique agricole, ses ventes à l’étranger ont totalisé environ 307 milliards de FCFA en 2023, contre 362 milliards en 2022. Sur la même période, la part de l’anacarde dans les exportations d’origine végétale est passée de 4,92 % à 14,69 %. Pour élargir encore cette base, le PACOFIDE dispose d’un financement de 150 millions de dollars de la Banque mondiale, accordé en juin 2024. L’ananas frais figure parmi les filières qu’il soutient, avec un objectif chiffré pour 2026.
Un objectif de 12 000 tonnes exportées en 2026
Le rapport fixe à 12 000 tonnes le volume d’ananas frais à exporter en 2026, contre 2 700 tonnes en 2023. Cela représente plus de quatre fois le niveau de 2023, et environ 2,7 % d’une production annuelle estimée à 450 000 tonnes.
Le document attribue cette progression au renouvellement des plantations, à une meilleure disponibilité du matériel végétal et aux efforts sur la qualité. Au premier semestre 2026, les volumes d’ananas commercialisés ont augmenté de 96,4 %, et près de 99,9 % des produits présentés à l’export ont été déclarés conformes aux normes internationales.
Chaîne du froid et quai fruitier à l’aéroport de Cotonou
Le dispositif prévoit d’améliorer la conservation et le transport des fruits, grâce à la chaîne du froid et au quai fruitier de l’aéroport de Cotonou. Ces équipements concernent un produit très périssable, dont la qualité dépend du délai entre la récolte et l’arrivée sur le marché. Les expéditions par avion vers un marché aussi éloigné que la Chine rendent ce point déterminant.
Une filière de 450 000 tonnes et plus de 70 PME
Le pays produit environ 450 000 tonnes d’ananas par an, selon le rapport. La filière représente environ 1,2 % du PIB national et 2 % du PIB agricole. Elle fait vivre des milliers de producteurs, surtout dans les communes d’Allada, Zè et Tori-Bossito, dans le département de l’Atlantique.
La variété Pain de sucre, reconnue pour ses qualités gustatives, bénéficie d’une indication géographique protégée. Plus de 70 petites et moyennes entreprises transforment aussi l’ananas en jus, en fruits séchés et en d’autres produits dérivés, d’après le même document. Si les premières expéditions vers la Chine se confirment avant la fin de l’année, elles ouvriraient un nouveau marché à une filière qui vise 12 000 tonnes exportées en 2026.



