Après avoir demandé une intervention militaire américaine contre les Houthis, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane cherche désormais d’autres appuis. La France et Israël apparaissent parmi les partenaires auxquels Riyad pourrait demander un soutien face à l’intensification des attaques.
Trump écarte finalement une intervention américaine
Le prince héritier Mohammed ben Salmane avait demandé à Donald Trump de lancer des frappes américaines contre les Houthis. Comme nous l’avons rapporté dans un précédent article, MBS avait appelé le président américain à deux reprises le 11 septembre, alors que les forces houthis progressaient vers Bab el-Mandeb. Trump avait alors écarté une intervention directe.
La question a toutefois été réexaminée le week-end des 19 et 20 septembre. Des options militaires contre les Houthis ont été préparées par le CENTCOM et présentées à l’administration américaine. Trump a finalement décidé de ne pas autoriser les frappes, malgré les nouvelles demandes de Riyad.
Cette décision intervient alors que les forces houthis ont poursuivi leur progression au Yémen. Selon Reuters, elles cherchaient encore lundi à prendre des positions stratégiques permettant de couper la côte de la mer Rouge des zones contrôlées par les forces soutenues par Riyad.
Riyad diversifie ses demandes d’aide
L’Arabie saoudite aurait engagé depuis plusieurs semaines des démarches auprès de plusieurs partenaires. Selon The Jerusalem Post, le royaume aurait recherché une assistance en matière de défense aérienne auprès de la France, du Royaume-Uni, du Pakistan et de l’Égypte, sur fond de pression sur ses capacités d’interception. MBS s’est également rendu au Caire et aurait sollicité un soutien égyptien face aux Houthis.
La coopération avec la Turquie et le Pakistan est également sollicitée. Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a déclaré qu’Ankara était prête à répondre aux besoins militaires saoudiens dans le cadre de l’accord de défense conclu entre les trois pays, tandis que le Pakistan n’a jusqu’ici pas participé aux opérations contre les Houthis.
La France dispose déjà d’un cadre de coopération renforcé avec Riyad. Lors de la visite de MBS à Paris en août, les deux pays avaient condamné les attaques houthis contre les infrastructures saoudiennes et les navires et réaffirmé leur volonté de préserver la liberté de navigation.
Le 22 septembre, Emmanuel Macron a également proposé à Donald Trump plusieurs initiatives liées à la sécurité énergétique, dont la protection de sites pétroliers saoudiens contre les attaques des Houthis.
Israël étudié pour ses capacités de défense
C’est dans ce contexte que les capacités israéliennes attirent l’attention de Riyad. Selon des responsables israéliens cités par The Jerusalem Post, les dirigeants saoudiens constatent que les soutiens actuellement disponibles ne répondent pas entièrement à leurs besoins. Si la menace houthie continue de progresser, les capacités israéliennes en matière de renseignement et de défense aérienne pourraient donc être davantage prises en compte par Riyad.
La menace s’est encore concrétisée le 19 septembre avec des alertes à Riyad et des tirs revendiqués par les Houthis contre la capitale saoudienne. Le 22 septembre, l’Arabie saoudite a confirmé qu’un missile balistique lancé vers Riyad avait été intercepté.
Washington redoute désormais une extension du conflit. Le Département d’État américain a actualisé ses recommandations de sécurité pour le Moyen-Orient, avertissant que l’affrontement entre les Houthis et l’Arabie saoudite pourrait s’aggraver rapidement. Selon des responsables diplomatiques cités par le Jerusalem Post, une reprise des attaques directes contre Israël figure également parmi les scénarios envisagés.
La situation ajoute ainsi une nouvelle dimension aux démarches de MBS : après avoir sollicité une intervention américaine directe, Riyad cherche à renforcer ses capacités auprès de plusieurs partenaires, avec des formes de soutien différentes selon les pays. Le Royaume-Uni a d’ailleurs accepté cette semaine de fournir temporairement un avion de ravitaillement en vol pour soutenir les missions défensives saoudiennes.



