Le décompte réel des militaires américains morts depuis le début de la guerre contre l’Iran dépasserait de quatre unités le chiffre officiellement communiqué par le Pentagone. Six responsables américains familiers des données internes de l’armée ont indiqué au Washington Post qu’au moins 22 soldats auraient perdu la vie, contre 18 recensés dans la base de données publique du ministère de la Défense.
Dès les premiers jours du conflit déclenché le 28 février, Washington et Israël avaient été pris de court par l’ampleur de la contre-offensive iranienne. Selon le Financial Times, l’arsenal déployé par Téhéran avait largement dépassé les projections américaines : les bases alliées du Golfe avaient essuyé plusieurs milliers de tirs de missiles et de drones, tandis qu’un volume secondaire de projectiles avait également visé le sol israélien. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait lui-même admis une part d’incertitude face à cette riposte. Cette sous-estimation initiale du rapport de force a ouvert la voie à un conflit plus long et plus coûteux que prévu, et à un bilan humain que le Pentagone peine toujours à rendre public dans son intégralité.
Un écart de quatre à cinq décès
Cinq des six responsables interrogés par le quotidien américain évoquent un total d’au moins 22 morts parmi les militaires. Un sixième avance même le chiffre de 23. Trois contractants américains présents dans la région auraient par ailleurs également perdu la vie depuis le déclenchement des hostilités. Le journal précise que les circonstances de ces décès supplémentaires, ainsi que l’identité des victimes concernées, ne seraient pas encore connues. Sollicité par le journal, le ministère de la Défense n’aurait pas souhaité commenter cet écart.
Une base de données déjà contestée
Ce nouvel épisode s’ajoute à une série de controverses sur la fiabilité des chiffres communiqués par le Pentagone depuis le début du conflit. Le système de comptage officiel, baptisé Defense Casualty Analysis System, avait déjà fait l’objet de critiques en juillet, lorsque l’administration américaine avait introduit une catégorie distincte, « Overseas Operations« , pour comptabiliser séparément les pertes survenues après une trêve rompue le 7 juillet. Un responsable de la Défense avait alors qualifié cette décision, sous couvert d’anonymat, de « méthode destinée à brouiller les chiffres réels ».
Un conflit particulièrement coûteux
L’opération militaire américaine contre l’Iran, baptisée Epic Fury, a débuté le 28 février par des frappes conjointes avec Israël, visant notamment des sites nucléaires et des responsables du régime iranien. Selon des estimations indépendantes citées par plusieurs médias américains, le coût direct des opérations militaires aurait dépassé les 29 milliards de dollars, sans compter les dégâts matériels subis par les bases américaines dans la région, régulièrement visées par les tirs iraniens depuis le début des hostilités.



