Guerre en Iran : réunion militaire secrète des États-Unis avec les alliés du Golfe

Des officiers supérieurs de neuf pays, dont Israël, se sont concertés à huis clos en Allemagne la semaine dernière au sujet du conflit avec l’Iran, selon deux sources israéliennes rapportées par Axios ce 15 septembre. Aucun gouvernement participant n’a confirmé publiquement la tenue de cette rencontre, pilotée par l’amiral Brad Cooper, à la tête du Commandement central américain.

Une double escalade en toile de fond

Cette concertation intervient alors que la situation régionale se tend sur deux fronts distincts. Sur celui de l’Iran, les hostilités entrées dans leur septième mois n’ont pas cessé : lundi, une frappe de drone américaine a détruit deux embarcations des Gardiens de la révolution qui tentaient, selon des responsables américains, de s’emparer d’un drone naval de surveillance au large du détroit d’Ormuz, où transitent en moyenne 40 navires par jour pour environ 14 millions de barils de pétrole exportés quotidiennement sous protection militaire américaine.

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Sur le front yéménite, les combattants Houthis, appuyés par Téhéran, se sont emparés vendredi dernier du port de Mokha puis de l’île de Perim, verrouillant temporairement le détroit de Bab el-Mandeb et provoquant l’arrêt d’un oléoduc saoudien après des tirs sur le territoire du royaume — avant qu’un début de reflux ne soit signalé cette semaine face à la contre-offensive des forces gouvernementales, qui auraient repris le contrôle de la presqu’île de Ras Menhali et de Perim. L’ampleur de cette avancée aurait conduit le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à demander personnellement à Donald Trump un engagement militaire américain direct contre les Houthis. C’est dans ce cadre de double crise que la rencontre allemande a pris forme.

Des militaires israéliens et arabes autour d’une même table

Selon les informations obtenues par Axios, l’amiral Cooper avait convié ses homologues d’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis, du Bahreïn, du Koweït, du Qatar, de la Jordanie et de l’Égypte, aux côtés du chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir. D’après les sources citées, il s’agirait du tout premier échange de ce format depuis le début des hostilités entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran, en février dernier.

Le général Zamir aurait présenté à l’assistance un bilan des opérations menées par l’armée israélienne sur ses différents fronts. L’amiral Cooper aurait ensuite exposé le dispositif américain destiné à fluidifier le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz, tout en cherchant à apaiser les inquiétudes de ses partenaires en affirmant que le dispositif militaire américain resterait déployé dans la région malgré les tirs iraniens contre des installations américaines.

Trois des pays présents — l’Arabie Saoudite, le Koweït et le Qatar — n’entretiennent toujours aucun lien diplomatique avec l’État hébreu, à la différence des Émirats arabes unis et du Bahreïn, signataires des accords d’Abraham en 2020. Un rapprochement militaire de ce niveau entre ces délégations demeure donc rare.

Une pression saoudienne croissante sur Washington

L’urgence de la coordination tient aussi à la percée éclair des Houthis au Yémen, qui aurait conduit le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à solliciter personnellement une intervention militaire américaine auprès de Donald Trump, selon des informations de presse américaines. Jusqu’ici, la Maison-Blanche s’est abstenue de frapper directement les positions houthies, se limitant à un soutien logistique et au partage de renseignements avec Riyad. L’épisode a coïncidé avec l’arrêt d’un oléoduc saoudien, visé par des tirs revendiqués comme émanant du même axe pro-iranien.

L’île de Perim, aujourd’hui disputée, avait déjà été annexée en 1799 par la Compagnie britannique des Indes orientales, qui y avait fait ériger un phare pour contrôler l’accès à la mer Rouge — signe que ce verrou maritime attise les convoitises depuis plus de deux siècles. Face à la multiplication de ces foyers de tension, cette réunion secrète en Allemagne confirme que Washington mise désormais sur une coordination militaire renforcée avec ses alliés du Golfe et Israël pour contenir l’escalade avec l’Iran.

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