Avion YY-20 : la Chine démontre son savoir-faire face à un Rafale égyptien

Un ravitailleur YY-20A chinois a ravitaillé en vol un Rafale de l’armée de l’air égyptienne lors de l’exercice conjoint « Aigles de la civilisation 2026 ». La séquence constitue une première connue entre ces deux types d’appareils.

La scène s’est déroulée en Égypte dans le cadre de la deuxième édition des manœuvres aériennes sino-égyptiennes. Une photographie diffusée par l’armée égyptienne montre un YY-20A chinois en train de transférer du carburant à un Rafale égyptien, confirmant une capacité d’interopérabilité entre un avion ravitailleur chinois et un chasseur conçu en France. Le South China Morning Post a relevé le caractère inhabituel de cette coopération et évoque un possible intérêt pour les perspectives d’exportation du YY-20.

Des moyens chinois importants déployés en Égypte

L’exercice « Aigles de la civilisation 2026 » a débuté à la mi-août et doit se poursuivre jusqu’au début du mois de septembre. Selon le ministère chinois de la Défense, les entraînements portent sur les tactiques de combat aérien, les opérations de supériorité aérienne et les missions de recherche et de sauvetage au combat. Il s’agit de la deuxième édition de cette coopération entre les deux forces aériennes.

Pour cette édition, l’Armée populaire de libération a envoyé plusieurs J-16, accompagnés d’avions de transport Y-20, de ravitailleurs YY-20A et d’appareils spécialisés dans la surveillance et la guerre électronique. Un KJ-500 et un Y-9LG figurent ainsi parmi les moyens engagés.

Le Y-9LG présente un intérêt particulier pour les opérations de renseignement électromagnétique. Sa présence permettrait aux forces chinoises de recueillir des données sur les émissions radar et électroniques des appareils engagés dans les manœuvres.

Les Rafale égyptiens constituent à ce titre une source d’observation intéressante. L’analyste militaire chinois Zhang Xuefeng a expliqué à la télévision publique CCTV que l’entraînement contre ces appareils permettait d’étudier leurs performances et certaines caractéristiques de vol afin d’alimenter la réflexion sur les tactiques aériennes.

Un ravitaillement inédit entre appareils chinois et français

Le ravitaillement réalisé par le YY-20A repose sur le système « panier et perche », utilisé par plusieurs avions occidentaux. Le Rafale dispose lui-même d’une perche de ravitaillement compatible avec cette méthode, ce qui a permis la réalisation de la séquence.

Le transfert de carburant exige toutefois une coordination précise entre les deux appareils, avec des paramètres liés à la vitesse, à l’altitude, à la position relative des avions et au fonctionnement du dispositif de ravitaillement.

Cette démonstration intervient alors que l’Égypte ne dispose pas de flotte nationale d’avions ravitailleurs. Elle pourrait donc présenter un intérêt opérationnel pour les forces égyptiennes, même si aucun projet d’acquisition d’un YY-20 chinois n’a été annoncé officiellement.

Le Rafale, un appareil déjà bien implanté en Égypte

Le rapprochement militaire sino-égyptien intervient alors que le Rafale occupe une place importante dans l’aviation de combat égyptienne. Le Caire avait signé en 2015 un premier contrat portant sur 24 appareils, faisant de l’Égypte le premier client étranger du chasseur français. En 2021, une commande supplémentaire de 30 Rafale a porté le total prévu à 54 avions.

Le premier Rafale égyptien avait été livré dès juillet 2015, quelques mois après la signature du premier contrat.

La rencontre entre le Rafale et le YY-20A fournit ainsi à Pékin une occasion de démontrer la compatibilité de son ravitailleur avec un appareil étranger. Selon le South China Morning Post, cette capacité pourrait aussi intéresser des pays disposant de flottes composées d’avions provenant de plusieurs fournisseurs.

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