L’Afrique du Nord accélère la modernisation de ses forces aériennes, avec des choix qui reflètent autant les ambitions militaires des États que leurs alliances stratégiques. Du partenariat américain privilégié par le Maroc au rapprochement militaire entre l’Algérie et la Russie, jusqu’au choix français de l’Égypte, les avions de combat deviennent un marqueur important du nouvel équilibre régional. L’Égypte pourrait encore accroître sa flotte de Rafale français selon le média La Tribune.
L’Égypte pourrait commander 24 Rafale supplémentaires à la France, selon une information publiée ce 1er septembre 2026 par La Tribune. Le Caire aurait transmis à Dassault Aviation une demande de proposition commerciale pour ces appareils, alors que l’Égypte doit disposer de 54 Rafale en service à la fin de 2026.
Cette perspective intervient alors que les choix de Maroc, d’Algérie et d’Égypte dessinent trois trajectoires différentes pour la modernisation des forces aériennes en Afrique du Nord.
Le Maroc reste fortement lié aux États-Unis
Le Maroc conserve une relation militaire étroite avec Washington, particulièrement dans le domaine aérien. Rabat exploite déjà des F-16 et doit recevoir 25 nouveaux F-16C/D Block 72, tandis que 23 appareils existants sont destinés à être modernisés. L’accord américain approuvé en 2019 prévoyait une enveloppe pouvant atteindre 3,787 milliards de dollars.
Le programme doit conduire à une flotte marocaine homogène autour du F-16 modernisé. En juillet 2026, Médias24 rapportait que le premier F-16 Block 72 destiné aux Forces royales air avait quitté l’usine et devait poursuivre ses essais avant les premières livraisons.
La question d’un éventuel accès au F-35 doit toutefois être distinguée des acquisitions américaines déjà actées. Aucune commande marocaine de cet avion n’est confirmée à ce stade.
L’Algérie poursuit son partenariat avec la Russie
L’Algérie conserve, de son côté, une forte dépendance à l’industrie militaire russe. Le dossier le plus sensible concerne le Su-57E, chasseur furtif russe de cinquième génération.
En février 2026, Defense News rapportait qu’une vidéo tournée près d’une base aérienne algérienne semblait montrer un Su-57, ce qui pourrait faire de l’Algérie le premier utilisateur étranger de cet appareil. Des médias spécialisés restent toutefois prudents : Moscou et Alger n’ont pas officiellement confirmé les livraisons, même si l’Algérie est largement présentée comme le premier client étranger potentiel.
Ce dossier illustre donc une modernisation algérienne toujours fortement tournée vers les technologies russes.
L’Égypte pourrait renforcer son choix français
L’Égypte constitue le principal débouché du Rafale français en Afrique du Nord. Le Caire avait signé en 2015 son premier contrat pour 24 appareils, avant d’en commander 30 autres en 2021. Dassault Aviation confirmait alors que ces deux contrats portaient à 54 le nombre de Rafale exploités par l’armée de l’air égyptienne.
La nouvelle demande de 24 appareils, si elle se concrétise, porterait cette flotte à 78 Rafale. La Tribune précise que Dassault Aviation n’a pas souhaité commenter le RFP transmis récemment par l’Égypte. Le salon aéronautique d’El Alamein, prévu du 8 au 10 septembre 2026, pourrait apporter de nouveaux indices sur les intentions du Caire.
Ces évolutions montrent trois orientations différentes : Washington demeure le principal partenaire aérien du Maroc, la Russie conserve une place majeure auprès de l’Algérie et la France pourrait encore accroître sa présence en Égypte grâce au Rafale.



