Kylian Mbappé et Lamine Yamal multiplient les prises de parole à un mois de l’attribution du Ballon d’Or 2026. Mais les journalistes appelés à voter doivent également apprécier un troisième critère officiel, la classe et le fair-play, au moment de départager les 30 joueurs retenus. Le règlement ne précise toutefois pas qu’une campagne médiatique ou qu’une déclaration ambitieuse constitue, à elle seule, un manquement à ce critère.
Les deux candidats ont clairement défendu leurs chances ces dernières semaines. Dans un entretien accordé à France Football, Mbappé a estimé : « Il n’y a pas meilleur que moi la saison dernière ». L’attaquant du Real Madrid s’appuie sur ses performances individuelles pour soutenir sa candidature. Yamal a lui aussi assumé ses ambitions auprès de Movistar+, en se plaçant avec le Français parmi les joueurs qui dominent actuellement les débats tout en considérant que ses titres plaident en sa faveur.
La classe et le fair-play arrivent en troisième position
Le règlement publié par l’organisation du Ballon d’Or établit trois éléments permettant aux votants de départager les candidats. La performance personnelle du joueur et sa capacité à peser sur les rencontres sont examinées en priorité. Les résultats obtenus avec ses équipes et les trophées remportés viennent ensuite. La « classe et le fair-play » constituent le troisième élément d’appréciation.
Ce dernier point laisse une marge d’interprétation aux votants. Aucun article du règlement ne définit une déclaration publique en faveur de sa propre candidature comme contraire au fair-play. Il serait donc impossible d’affirmer que les sorties de Mbappé ou Yamal doivent leur coûter des points. Elles peuvent cependant être appréciées différemment par chaque journaliste lorsqu’il examine l’ensemble des critères.
Cette question intervient alors que la communication autour des principaux candidats s’est intensifiée. Pascal Ferré, ancien directeur de la rédaction de France Football et ancien juré français pendant sept ans, a expliqué au Parisien qu’une forte agitation médiatique autour d’un candidat pouvait finir par indisposer certains votants. Son analyse ne permet cependant pas de considérer cette réaction comme celle de l’ensemble du jury.
Cent journalistes décident du classement
Le mode de désignation réduit aussi la capacité d’un club ou d’un entourage à peser directement sur le résultat. Le corps électoral masculin réunit un journaliste de chacun des cent pays les mieux placés au classement FIFA retenu pour le scrutin. Chacun doit sélectionner et ordonner dix joueurs parmi les 30 candidats.
Des jurés interrogés par Le Parisien ont indiqué que les campagnes de communication n’étaient pas déterminantes dans leur choix. Le journaliste suédois Anders Bengtsson a expliqué qu’elles n’influençaient pas son vote, tout en reconnaissant que certains arguments ou données statistiques pouvaient servir à départager des joueurs en cas d’hésitation.
Dix joueurs classés sur chaque bulletin
Le scrutin dépasse donc le seul duel médiatique entre Mbappé et Yamal. Chaque votant attribue 15 points au joueur placé en tête de son bulletin, 12 au deuxième, puis 10, 8, 7, 5, 4, 3, 2 et 1 point aux suivants. Le total obtenu par chaque candidat détermine le classement final. Une égalité est d’abord départagée par le nombre de premières places.
Ce système est le résultat de plusieurs évolutions du trophée. Créé en 1956, le Ballon d’Or était initialement réservé aux footballeurs européens. Les règles ont changé en 1995 pour permettre à des joueurs de toutes nationalités évoluant dans des clubs européens de concourir. Depuis 2007, les joueurs évoluant partout dans le monde peuvent être retenus.
À quelques semaines de la cérémonie, les déclarations de Mbappé et Yamal continueront donc d’accompagner la course au trophée. Leur éventuel effet sur le résultat restera entre les mains des cent journalistes, chargés d’établir leur classement à partir des trois critères prévus par le règlement.




« La classe et le fair-play arrivent en troisième position »
ZERO pointé, mon kiki.
Tu repassera l’année prochaine